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Chronique

Ni nantir les richesses naturelles

Ni hypothéquer la diplomatie

Les rumeurs soulèvent toutes sortes d’hypothèses et véhiculent des tas de ragots concernant le financement des campagnes électorales des divers candidats à l’élection présidentielle. L’argent, dit-on, circule à grands flots sous le manteau, en témoigne le cours d’achat des soutiens qui flambe. Aussi même ceux qui sont éloignés de ce flux le savent tout en ignorant les moyens pour s’en approcher. La commission en charge de veiller au respect de la moralité des financements et des comptes de campagne n’est ni sourde ni aveugle, mais elle ne pourra grand-chose, non seulement parce que la législation ne couvre pas tout et que les dispositions ne suffisent pas à elles seules à établir toutes les règles nécessaires à la moralisation du système, mais aussi en raison de la valse des milliards que l’on décline ça et là, de quoi donner

le tournis, atteignant des montants vertigineux qui nécessitent la contribution d’une flopée d’experts pour en déterminer les sources et vérifier la véracité des utilisations. Vaut mieux sans doute considérer les mesures annoncées comme simples gesticulations pour ne produire que des effets d’annonce, et faire le deuil d’une moralisation des financements. Outre le fait qu’un semblant de rigueur ne contribuerait qu’à donner l’illusion d’un coup d’épée dans l’eau en essayant de la faire croire mesure propre à assainir le système, mais en pareilles circonstances il ne manquerait pas d’individus zélés pour choisir quelque tête de turc à scalper en guise d’exemple et ainsi par l’absurde démontrer l’efficacité de la méthode.

Des sources de financement personne n’est dupe, pire avec une imagination débordante le public échafaude toutes sortes d’hypothèses parmi lesquelles sûrement certaines surpassent la réalité, les gens racontent autant des histoires de prétendus trésors de guerre (quelle guerre), que des fables rapportant des fortunes suspectées maffieuses, voire des aventures téléguidées par des puissances d’argent étrangères ayant des visées néo-coloniales. Des délires on se soigne, mais au sein de ces élucubrations il se trouve des principes contre la transgression desquels les populations n’inclinent pas à vouloir transiger. À un tel aujourd’hui candidat, ou à un tel autre demain président, le peuple ne pardonnerait ni qu’il cède ou ait cédé à l’avance les bénéfices de richesses naturelles, par une promesse en échange d’une participation conséquente aux frais de candidature et aux dépenses de campagne électorale, ni qu’il négocie ou a négocié les orientations de la politique étrangère. Certes il n’est pas interdit de penser que dans ce genre de rencontre les choses se traitent à demi-mots, que des négociations proprement dites ne se soient pas tenues, et que lors d’entretiens ultra lisses les échanges de services aient été présentés comme prix et gage d’amitié.

Toutefois l’idée qui frôlerait l’esprit ne serait-ce qu’une seconde que des puissances étrangères (politiques ou financières) puissent mettre à la disposition de telle candidate ou de tel autre des mille ou millions de dollars uniquement en raison des beaux yeux de celle-ci ou de la bonne bouille de celui-là, relève d’un excès de naïveté disqualifiant la personne assistée qui y croit, l’accablant encore davantage si elle tente de le faire croire. Les puissances étrangères sont, chacune en ce qui la concerne, intéressées par les résultats, et comme pour un pari misent sur un concurrent, certaines mettent le paquet sur plusieurs candidats. L’argent n’a peut-être pas d’odeur, mais il est des mains qui les tripotent qui puent plus que d’autres. Le lot des «partenaires» ou peut-être plus exactement des «parrains» se divise en deux catégories : d’un côté ceux qui poussent à la roue d’un retour à l’application stricte des règles du droit classique, d’autres qui roulent pour un dérèglement de l’ordre international établi. La politique étrangère qu’ils appliquent opposent ces pays et leurs pratiques en faveur ou en irrespect de l’environnement les diffèrent. A ne prendre en exemple que les deux plus grands pollueurs de la planète, l’un n’entend pas sacrifié ses intérêts par une restriction drastique des nuisances qu’il provoque pour maintenir le niveau de confort de sa population et de son économie, l’autre ne se soucie pas des nuisances qu’entraine son appétit à exploiter des richesses dans d’autres pays au mépris des règles basiques. Que ruines et désolation, plus rien ne pousse après leur passage.

Les populations n’entendent plus laisser leurs terres se faire déplumer, ni leurs sous-sols se faire piller. Le pillage épouse toujours des formes sauvages, mais parfois les apparences civilisées cachent des intentions et manipulations qui du point de vue cruauté font la nique à la sauvagerie. La population ne formule qu’un vœu qui pose les limites : plaise au ciel que le prochain élu n’ait pas poings et pieds liés et ne devienne pas que simple marionnette dont les sponsors tiennent les ficelles.

 

Léo Raz

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