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Chronique: les brebis galeuses ne font pas le troupeau

L’opinion s’alarme dès la moindre information relatant l’implication d’un militaire, d’un gendarme ou d’un policier dans un fait divers constitutif d’une infraction. Ces faits et gestes condamnables ne soignent pas l’image de ces corps et au rythme des affaires dans lesquelles des hommes issus de leurs rangs se sont épinglés, c’est toute l’armée nationale, l’ensemble de la gendarmerie, la totalité de la police, qui prennent plein la figure et ont mauvaise presse. Il faut reconnaitre naturelle la réaction de la population, il y a de quoi s’offusquer lorsque des individus recrutés, formés, salariés par la communauté nationale pour apporter leur contribution à faire régner l’ordre, à l’inverse provoquent le désordre en commettant les pires forfaits qu’ils ont mission de traquer. Mais on ne saurait faire pour autant l’amalgame à vouloir condamner un ensemble aux travers des faits et actes perpétrés par certains éléments, nombreux ils sont quand un seul suffirait déjà à faire l’un de trop, mais somme toute, un chiffre minoritaire et même d’un taux infinitésimal en rapport à l’ensemble des troupes. Evidemment qu’il serait injuste de suspecter tout homme en treillis et de le charger d’emblée d’une présomption de culpabilité avant même que l’on ne relève une infraction. Cependant il faut reconnaitre que le fait que les militaires, gendarmes et policiers disposent d’armes à feu, les dispose à se soumettre à une discipline rigoureuse exigeant de leur part un respect aveugle des règles. Les failles qui se manifestent à répétition signifient que tout n’est pas toujours aussi clean que les hauts responsables de ces différents corps tentent de convaincre l’opinion publique. L’insécurité atteint actuellement un niveau insupportable pour la population, une population heureusement ou malheureusement docile, tout le temps disposée à se soumettre au sort qu’on lui fait, s’adaptant aux difficiles conditions jusqu’à accepter de dures sacrifices et à s’imposer de pénibles privations.

Le problème dans le pays, c’est que la communauté dans son ensemble semble s’être donné le mot, qu’une sorte d’anarchie autorise chacun et particulièrement ceux qui en ont les moyens à faire ce qui lui plait ce qui les enchante. Les références à la normale qui n’existe plus perdent toute raison d’être, d’elles-mêmes les normes disparaissent. Seulement qu’on le veuille ou non l’échelle classant la gravité des actes demeure, tout le monde arrive à prendre la mesure des infractions et crimes que rapportent les médias. Il n’est que naturel que le citoyen sans défense se méfie de ses «anges protecteurs» quand rien que l’un de ceux-ci ait dérivé à se manifester en brute épaisse pour se répandre en actes brutaux et barbares avec parfois de simples babioles comme butin. Ce qui n’a pas été le cas dernièrement lors de cette fusillade du côté d’Antsahavola où à ce qu’il parait, si l’un des bandits militaire de son état est tombé sous les balles de la police, un des complices a pu s’échapper disparaissant avec le butin de cinq kilos d’or propriété d’une victime de nationalité étrangère. Cinq kilos de ce précieux métal, même quand plus rien n’est normal, ont de quoi faire rêver les esprits fragiles avides d’argent facile, Dieu seul sait combien il en existe dans un pays de pauvreté banale. 5 kilogrammes font 5 mille grammes, si le cour se situe autour de 750.000 fmg le gramme ça chiffre à des milliards. Décidément il n’y a plus de norme qui vaille, devrait être suffisamment suspect le fait qu’une personne détienne chez ou sur elle une telle valeur. Non dans le pays ce n’est pas le fisc qui lui tomberait sur le rable pour s’enquérir des origines d’une telle fortune, ces cas se règlent entre voyous et ripoux. Après tout ce n’est qu’un goutte d’eau dans l’océan des rapines qui font la pauvreté du pays. 5 kilos ne font que le millième des 5 tonnes, volume auquel on évalue la production qui échappe chaque année au contrôle de l’état. Un manque à gagner de quelques milliers de milliards. De simples quincailles, pas de quoi boucher les trous, tout juste si ça suffit à remplir les poches des vendus.

 Les finances publiques ne suffisent pas en effet à elles seules à couvrir et le nécessaire au fonctionnement de l’état surtout d’un état aussi vorace et les besoins en investissements, à fortiori si tout un système cannibale s’organise à puiser dans les caisses. Ici non plus, il ne s’agit pas de généraliser, encore que comme pour les personnes et leurs biens, la sécurité du contenu des caisses publiques n’est pas assurée.

Toutes ces considérations relatant des échecs ou des doutes invitent les hauts responsables de l’armée, de la gendarmerie et de la police à durcir la discipline et réclament à l’administration un fisc plus regardant sur les enrichissements aussi brutaux que sans cause justifiable, même lorsque ces cas concernent des militaires, des gendarmes, des policiers ou d’autres fonctionnaires. Y aurait-il des corrupteurs si dans ces rangs-là n’existent des agents qui acceptent de se laisser corrompre ? Il en est parmi eux des prévaricateurs qui rançonnent les usagers et d’autres qui combinent avec les resquilleurs pour qu’ensemble ils dépouillent l’État. On évalue mal le volume de ces pratiques condamnables, mais la population sait la dangerosité pour avoir à en subir le diktat direct (les petits cadeaux exigés au coin des voies publiques) et les conséquences perverses (pourrissement des conditions de vie consécutif à une gouvernance autant infecte par elle-même qu’infectée de vermine).

Léo Raz

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