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Chronique: attention, larmes de crocodile !

 

Dans un entretien accordé à L’Express de Madagascar, le candidat à la présidentielle Zafimahaleo Rasolofondraosolo affirme qu’il est «le seul [candidat] à ne pas avoir de double nationalité». Il faudrait en déduire que tous les autres peuvent se prévaloir d’une autre nationalité, au moins quand ils ne sont pas sur le territoire malgache. Pour Zafimahaleo Rasolofondraosolo, cette double appartenance n’est pas compatible avec la magistrature suprême. Il n’est pas le seul à se défier des Malgaches pas tout à fait comme les autres. Marc Ravalomanana estimait que la condition sine qua non pour prétendre à la fonction de président de la République est la double filiation malgache, par le père et par la mère. Un jour sans doute, la consonance du nom de naissance sera aussi discriminante que les deux critères précités.

 La question de l’identité n’est pas récente, elle revient régulièrement dans nos préoccupations, notamment en période électorale mais pas seulement. On se souvient que, pour désigner les heureux récipiendaires d’une carte d’identité nationale, l’expression consacrée était les «étrangers de nationalité malgache». Aujourd’hui encore, pour renouveler son passeport, le malheureux citoyen dont le nom sonne étrangement aux oreilles arbitraires de l’agent du ministère sera contraint de lui présenter un certificat de nationalité.

Qui sont donc ces Malgaches dont la loyauté est suspecte, quand elle n’est pas violemment contestée ?  Faut-il craindre que par souci du consensus, valeur cardinale à Madagascar, ils ne soient capables de verser des larmes de crocodile en chantant « Ry tanindrazanay malala » tout en prêtant discrètement allégeance à une nation étrangère ? A moins que, champions du prosaïsme, ils ne gardent toujours une valise prête pour le départ loin de la crise ?

Madagascar n’est pas le seul pays où l’on se méfie des bi- voire tri-nationaux.  Mais c’est aujourd’hui un pays qui ne peut pas se permettre d’exclure de son projet de société une poignée de citoyens dont la félonie congénitale reste encore à prouver.

Kemba Ranavela

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