Oops! It appears that you have disabled your Javascript. In order for you to see this page as it is meant to appear, we ask that you please re-enable your Javascript!
Flash
Préc Suiv

Pérégrination hebdomadaire : au delà des apparences

L’ouverture de la période de dépôts de candidature, même encore d’un chiffre réduit en rapport à ce que l’on annonce ça et là, le fait qu’un nombre de candidats ont effectué cette formalité, constituent des signes patents pour convaincre que sauf accident grave rien n’empêchera plus la tenue de l’élection présidentielle aux dates indiquées. Pourtant malgré ces apparences, dans l’ombre en coulisses, les forces opposées au calendrier adopté ne baissent pas les bras, si elles ne s’aventurent pas à contester publiquement les dates, elles ne s’économisent pas à mener des intrigues ni à entreprendre des initiatives avec l’unique objectif de piéger l’organisation. Cette ambiance délétère gangrène jusqu’au sommet du pouvoir : les tensions dans les relations entre les deux têtes de l’exécutif ne se cachent plus, si bien que les craintes du public se justifient, alors se pose à bon escient la question : le train des élections a pris un départ sans incident, en sera-t-il de même jusqu’à l’arrivée ?

Entre ombre et lumière

Le consensus ayant permis de procéder à la constitution de ce gouvernement repose sur des non-dits, plutôt qu’à chercher une solution pour résoudre les sujets qui fâchent on a établi le pacte après s’être entendu tacitement à les enterrer. Plus qu’un consensus, les forces politiques impliquées dans ce processus se sont amusées à convenir d’un jeu de vilains, qui se résume en un pari : à qui tromperait mieux l’autre. Au moment des négociations de l’accord, le camp présidentiel se trouvait en position de faiblesse, le président a cédé n’ayant d’autre chance de sauver son poste qu’à accepter sans marchander les conditions du contrat, dont il récuse actuellement certains termes. Afin de tenter de reprendre la main il entre en conflit avec l’autre tête de ce régime bicéphale, régime qui ne dit pas son nom pour le simple fait que la constitution ne porte aucune mention légalisant la formule actuelle. Il faut reconnaitre en effet que l’état fonctionne sous un régime consensuel davantage que constitutionnel, revenir en arrière avant d’atteindre l’objectif qu’est la tenue de l’élection présidentiel, présente sans doute plus de risque que de poursuivre jusqu’au bout de cette logique. C’est pourtant sur ce point que combattent les partisans favorables à un recul de la date des élections. Ceux-ci ont beau jeu à mener ce combat, une partie de la société civile et religieuse sans entreprendre une campagne de contestation penche cette faveur,  si elle reste plutôt silencieuse c’est sûrement parce qu’elle a évalué les dangers d’un tel revirement de la situation. D’après certains observateurs Hery Rajaonarimampianina retarde au plus le dépôt de sa candidature en caressant jusqu’au bout l’espoir de parvenir à surseoir à l’organisation du premier tour de la présidentielle le 7 Novembre. On peut pourtant penser qu’il s’agit là d’un mauvais calcul, plus le temps passe avec l’hémorragie dont souffre actuellement le HVM plus les rangs de ceux qui le soutiennent risquent d’être clairsemés. Peut-être qu’après tout, il n’entretient plus d’illusion quant à ses chances de parvenir à succéder à lui-même et qu’en désespoir de cause il ne cultive d’ambition qu’à prolonger un tant soit peu la durée de son mandat. A l’inverse son alter ego, ou mieux le vrai patron en tant que véritable détenteur du pouvoir en ce qui concerne les élections, le premier ministre entend mener à bien la mission qui lui a été confiée, organiser les meilleures conditions pour que se déroule l’élection présidentielle. Hors la hiérarchie protocolaire il se trouve que le président de la République ne dispose dans la réalité d’aucune autorité sur le premier ministre, une fois nommé plus personne ne peut démettre celui-ci de ses fonctions, ainsi en disposent les conventions consécutives au consensus. Aussi il garde les meilleures chances sinon de remporter l’épreuve de bras de fer actuel au moins d’en sortir indemne. L’ambiance demeure tendue, toutefois l’affrontement s’arrête à des escarmouches, uniquement favorables à révéler souvent faiblesses et maladresses.

Persistance des risques d’incidents à faire l’événement

Hors les passe-d’armes avec le président, le premier ministre a à faire face à des situations autrement plus importantes à la fois que moins faciles à solutionner. Le climat social entretient des foyers de conflit, mouvements sociaux, s’y traitent des sujets causes de turbulence. Des mouvements et manifestations qui se soulèvent cachent souvent des grèves qui s’achèvent. A croire que toutes les corporations qui le peuvent tentent de mettre à profit cette période critique pour arracher des réponses favorables à leurs revendications qui sont le plus souvent légitimes hormis la considération des difficultés dans lesquelles plonge le pays. Apparaissent en effet les augmentations des prix de carburant qu’exploitent les organisations des transporteurs pour justifier la hausse des tarifs. Le gouvernement exprime une grande fermeté pour déclarer qu’il ne céderait pas à la pression populaire, alors qu’un glissement de l’opinion a poussé les usagers à faire cause commune avec les transporteurs et à constituer ainsi un front uni pour donner de la voix à l’exigence d’une baisse des prix des carburants. A priori la préoccupation pour trouver des solutions aux conflits sociaux ne fait pas partie explicite des obligations contractuelles de ce gouvernement, mais vu qu’il a en charge d’entretenir un climat favorable à un bon déroulement des élections, il ne peut faire l’impasse et laisser des braises ardentes s’embraser et allumer le feu d’une crise sociale.

Léo Raz

Les commentaires sont fermées.