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Chronique: la caravane passe

 

A vivre dans un pays où les crises économico-politico-sociales sont inscrites dans les plans quinquennaux, on prend de mauvaises habitudes. On est persuadé que chaque remaniement du gouvernement implique des pratiques radicalement différentes, sinon opposées et qu’il faut donc retenir sa respiration le temps de comprendre les nouvelles pratiques de chaque ministère, chaque direction, chaque service, chaque sous-service, etc.

Les crises ont un effet tellement pernicieux qu’il nous arrive de souhaiter le pire : « Je vous l’avais bien dit ! », pour justifier l’inertie qu’on appelle pudiquement prudence. En effet, on ne sait pas de quoi demain sera fait, même si les prophètes multiplient les oracles tous aussi funestes les uns que les autres. Alors on attend…

Et en attendant, on se plaint de vivre dans des villes sales, sans aucun attrait, dans l’insécurité. Pour y échapper, on se barricade dans des espaces protégés dont la première raison d’être est de donner l’illusion qu’on est ailleurs. Malheureusement, il faut bien sortir de ces oasis, au moins pour aller de l’une à l’autre. On se calfeutre avec un casque sur les oreilles, on se colle un mouchoir parfumé sur les narines, on ferme les yeux, on attend que ça passe et on abandonne nos villes à l’insalubrité en espérant sans y croire que les autorités prennent un jour leurs responsabilités.

Nous savons que les journées d’assainissement sont aussi inefficaces que les sorties de pique-nique/reboisement. Nous savons que partout dans le monde, des initiatives collectives mobilisent les riverains d’un quartier autour de projets communs pour donner à tous le plaisir d’y vivre. Inspirons-nous de ces initiatives. Pour nous mobiliser, investir nos quartiers, nos fokontany et les rendre plus attrayants, nous ne sommes pas obligés d’attendre prudemment que la refondation soit inscrite en lettres d’or sur nos bâtiments administratifs et que les responsables aux voitures immatriculées en rouge se retroussent les manches.

Et la crise, dites-vous ? Les chiens aboient, la caravane passe.

Kemba Ranavela

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