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Peregrination hebdomadaire : le vrai départ à chacun son la

Il manque encore la passion qui enflamme les débats et les conciliabules, de surcroît aucune règle ne normalise les initiatives et entreprises durant cette période qui précède l’ouverture du temps de campagne, chaque candidat éventuel fonctionne à sa guise, tous s’observent, ici l’un d’eux prend de l’avance alors qu’un autre tente de le marquer à la culotte, tous les deux obtenant ainsi la faveur des pronostics par cette impression de faire course en tête. Ouvrant ses portes pour le dépôt de candidature la Haute Cour Constitutionnelle a solennellement frappé les trois coups du lever de rideau. Par le truchement de son président, cette institution, appelée à jouer le rôle d’arbitre suprême, a montré un visage de carême afin peut-être de faire bénéficier d’une présomption de grand sérieux l’annonce qu’elle ne rigolait plus, que le temps de récréation était

Mine des mauvais jours pour signifier un arbitrage rigoureux

D’où que viennent les manquements aux règles la sanction tomberait tel un couperet, ainsi a parlé le président de la Haute Cour Constitutionnelle. Le ton est donné, même si aucun vent de frayeur n’a soufflé à la suite dans les rangs de candidats. Pour illustrer le sérieux de cette menace d’épée de Damoclès, il a été fait référence à une éventuelle hémorragie dans la liste des candidats, l’hypothèse de nombreux rejets de candidatures a été évoquée en sanction de constitution de dossiers non conformes aux règles, notamment par la présentation de candidature au nom d’une organisation politique en rupture avec la liste des organisations reconnues par le Ministère de l’Intérieur. Le président de la HCC a autant exprimé d’un ton ferme une détermination de ne tolérer aucune initiative propre à gêner dans leur responsabilité les organes juridictionnels, ne serait-ce qu’une petite gêne par la provocation d’une simple escarmouche.

Cette manifestation de volonté à faire loi la loi est accueillie avec satisfaction pour une reconquête du crédit au bénéfice des décisions de cette haute institution. Seule en effet l’application de la loi, en dehors des recours à des extrapolations faisant référence à des valeurs extra légales, garantit la neutralité de l’institution. Droit dans ses bottes elle requiert ainsi l’autorité à dire le droit.

Faire course en tête

Andry Rajoelina à l’évidence a adopté la stratégie de faire course en tête tant pour impressionner de sa force le public et convaincre de sa détermination les électeurs que pour décourager ses adversaires. Il imprime son rythme qui risque d’essouffler ceux qui tentent de rivaliser à suivre l’allure. Après avoir effectué un tour de chauffe en organisant des rencontres populaires dans de nombreux endroits de l’Île, égal à lui-même à la  vitesse qui lui a mérité l’appellation de TGV, celui qui sans besoin de le dire par le seul fait de mener course en tête endosse naturellement le maillot de favori, confirme ce statut et son ambition en figurant à la première place de la liste des inscrits à la course, pour avoir effectué la formalité à peine les registres ouverts pour le dépôt des candidatures. Une cérémonie festive ayant réussi à réunir en jour de semaine une grande foule au Palais des Sports à la fois signifie la fin du tour de chauffe et symbolise le vrai départ de la course, annonçant ainsi la mesure de la suite : de quoi tétaniser ceux qui pensaient pouvoir rivaliser sur le même terrain.

Pas bon de faire d’une cérémonie un simple non-événement

Profiter de la moindre cérémonie pour marquer sa présence dans l’esprit de la population aide peut-être à fixer sur soi l’attention des électeurs et ainsi peut faire partie d’une stratégie à l’approche des élections, sans doute à cette fin le président de la république en poste ne rate pas une occasion du genre pour apparaitre en public. Des petits signes qui prêtent à penser qu’il va être candidat à sa succession. Il semble même croire en l’efficacité de cette stratégie que l’on serait tenté de le soupçonner d’avoir émis dans son entourage le souhait de voir ces occasions se multiplier. C’est sans doute dans cet esprit que l’on a organisé ou plutôt bâclé la préparation d’une cérémonie au Mausolée des grands hommes afin d’y déplacer les restes de nouveaux célèbres disparus. L’opinion est partagée à reconnaitre ou non le bien-fondé de cette décision sans raison claire pour justifier cet hommage à ces personnalités décédés depuis plus de quarante ans. Les responsabilités importantes étatiques dont ces personnes avaient la charge et le fait d’avoir péri lors d’un accident aérien, ne suffisent pas à l’opinion pour se convaincre de la légitimité à faire de ses victimes d’une tragédie des sortes de héros nationaux. Le public a boudé l’événement et fait de la cérémonie un non-événement. Rien de pire que de se faire snober de la sorte. Pour se rappeler de l’incident les gens s’en souviendront mais pour l’évoquer comme un camouflet.

À l’évidence la fièvre monte à Iavoloha, le Président entretient le suspense sur sa candidature, mais en cultivant se suspense il a fini par semer le doute, pas dans la population mais dans son entourage. On raconte que certains fidèles échafaudent des tas de scénario et imaginent toutes sortes de plan B, qui à défaut de faire preuve d’infidélité traduisent une perte de confiance. La question de gagner ou perdre les élections ne se pose plus, on dirait que les militants sont à la recherche de deux « kamikaze » prêts à se sacrifier pour le parti, l’un pour remplacer le président dans la bataille électorale, l’autre pour prendre la tête du parti majoritaire qui subit pour l’instant une alarmante hémorragie de ses ténors et autres membres anciennement influents. C’est que l’opinion publique ne se fait plus de doute sur la candidature de Hery Rajaonarimampianina depuis que son compère président du Sénat a démissionné de sa fonction de président du HVM, rescapé d’un éventuel naufrage, la perspective de présider la République par intérim lui offre la chance de sortir par la grande porte.

Léo Raz

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