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Chronique: raillé malgré des résultats flatteurs

 

L’administration mise au pas, les princes qui gouvernent rentrés dans les clous, que demande le peuple ? Rien de plus habituel que les parkings de Mazoarivo et d’Iavoloha débordant de ces grosses voitures rutilantes, lorsque les membres du gouvernement viennent se réunir en ces palais soit pour participer à un conseil de gouvernement soit à un conseil de ministres. Peu de personnes auraient pu toutefois croire sur la possibilité d’y voir un jour ces voitures de prestige afficher à l’avant comme à l’arrière une plaque d’immatriculation rouge signifiant leur attachement au parc-automobile de l’administration de l’état. Le premier ministre Christian Ntsay a réussi en quelques semaines à imposer le respect de cette décision, la fermeté qu’il y a mise pour exprimer une exigence à ce que tous se conforment à la règle s’est manifestée sous une forme d’autorité considérée désuète mais les résultats n’en constituent pas moins une performance. On aurait pu s’attendre à une résistance des ministres. Souvent les faibles esprits parvenus à ce niveau se font à la conviction non seulement que les apparats de la fonction leur sont personnellement dus mais aussi que parader fait un essentiel de leur rôle. Quelque part cette mesure a remis un peu d’ordre dans la mentalité de penser la République. A l’étage en dessous, le premier ministre s’est aussi chargé de remettre droit le corps des administrateurs civils occupant les postes de préfet et de chef de district, corps représentant l’épine dorsale de l’administration, colonne atteinte d’une scoliose à forme variable tantôt inclinant dans un sens tantôt tordue dans le sens opposé.

Sauf à oser faire étal d’une mauvaise foi éhontée, personne ne peut nier la contribution de ces mesures à l’assainissement dans l’environnement de l’exercice des affaires publiques : d’une part à limiter les abus d’usage des biens de l’état et de l’autre côté à remettre les agents de l’état dans leur devoir de garantir la neutralité de cet état davantage qu’à servir des intérêts partisans. Tout le monde il est content, tout le monde il se félicite, surtout en cette période électorale ! Eh bien non ! Il en est encore qui trouvent à y redire, certains à flétrir ces mesures en les réduisant à de simples mesurettes de détail, d’autres à n’y voir que des initiatives d’une autorité aux ordres n’ayant de mission qu’à favoriser des intérêts particuliers. Même à supposer qu’ainsi soit la réalité, il n’en reste pas moins que ces dispositifs qui du reste s’inscrivent dans l’esprit et dans la lettre des lois, assainissent un tant soit peu le cadre du déroulement des élections. Quels que soient les motifs et objectifs particuliers, il n’y a pas de mal à faire du bien à l’ensemble. De bonne foi on ne peut qu’apporter son suffrage aux « mesurettes» de Ntsay quitte à se réserver la possibilité d’apporter en mention : «peut mieux faire».

Léo Raz

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