Oops! It appears that you have disabled your Javascript. In order for you to see this page as it is meant to appear, we ask that you please re-enable your Javascript!
Flash
Préc Suiv

Chronique: la malle du grenier, sésame ou archive ? C’est à nous de décider

Son explication était simple, ses arguments tout autant. Sa mère avait autrefois été française, c’est-à-dire citoyenne française. Puis elle ne l’avait plus été. Avait-elle renoncé à la nationalité française ? Avait-elle oublié de mettre ses papiers à jour, avait-elle oublié de les renouveler ? Ce n’était plus aussi simple. Toujours est-il qu’aujourd’hui, il se disait qu’il serait bon de recouvrer la nationalité française. C’est à ce stade de la conversation que les arguments vinrent à manquer. Quand on lui demanda pourquoi il souhaitait devenir français, il resta coi. Que répondre en effet ? Il n’était pas apatride et pas encore candidat à l’exil ou à l’immigration. Quelques idées plus tard, il proposa une bonne raison  de recouvrer la nationalité de sa mère : offrir un avenir à ses enfants. Personne ne trouvera à y redire : l’argument était imparable.

Nous pensons tous à l’avenir de nos enfants, on le sait depuis la nuit des temps car, comme le dit le proverbe (indien, arabe, ou encore attribué à Saint-Exupéry), «nous n’héritons pas de la terre de nos ancêtres, nous l’empruntons à nos enfants». La formule est jolie mais ici à Madagascar nous savons par expérience que s’il y a loin de la coupe aux lèvres, il y a encore plus loin de notre présent à l’avenir de nos enfants.

Notre sage homme avait donc découvert une possible éclaircie dans les sombres lendemains que nous préparons à notre jeunesse. Mais tout le monde n’a pas, cachée dans son grenier, une malle providentielle source de toutes les promesses. Les autres, cela fait beaucoup de monde, inventeront leur bien-être dans les ressources que notre avidité et notre laxisme réduisent comme peau de chagrin.

Au diable le fatalisme ! C’est ici sur la terre que nous ont léguée les ancêtres et dans la nation qu’ont commencé à construire nos aînés qu’il faut donner à nos jeunes l’envie de vivre et de travailler. Afin que, s’ils trouvent à leur tour une vieille malle dans le grenier, ils n’y cherchent pas le sésame pour une vie meilleure mais une belle archive à conserver dans leur bibliothèque.

Kemba Ranavela

Les commentaires sont fermées.