Oops! It appears that you have disabled your Javascript. In order for you to see this page as it is meant to appear, we ask that you please re-enable your Javascript!
Flash
Préc Suiv

Chronique: des sacrifiés, doublement victimes du climat d’insécurité

La voix du peuple, celle qui sort des urnes, ne sera pas une voix reflétant une entière intégrité, une partie de la population étant condamnée au silence. Personne n’ignore l’existence de plusieurs centaines de milliers d’individus, voire des millions, dont la nation dénie l’existence faute de leur part de posséder un état-civil, par nature ils sont privés des droits de citoyens et en l’occurrence du droit de vote. Les choses étant ainsi, de ces compatriotes que l’on considère «fantômes» on ne parle pas, on fait avec, pire on fait sans eux. Évidemment qu’en réparation de cette injustice, on a entrepris des campagnes et adopté des dispositions afin de faciliter la procédure d’acquisition d’un acte ouvrant au droit de citoyen. Malheureusement ces facilitations  plus qu’à rendre leur dignité aux populations qui en sont privées, ont surtout servi de formule à des fins électorales dans le dessein de faciliter le bourrage des urnes. Peut-être que d’une telle coupable perspective l’objectif vaniteux  d’atteindre les 10 millions d’électeurs lors de l’établissement de la liste électorale n’est pas totalement indemne.

A ce paysage de dévastation, vient se superposer le phénomène des « naufragés » de l’insécurité. Les opérations violentes que mènent les dahalo s’étendent dans nombreuses régions, terrorisent les populations qui, sans défense, sont conduites à déserter entièrement leurs villages et hameaux. Dans le pays il n’existe évidemment pas de « camps de réfugiés », mais des sinistrés du climat d’insécurité se comptent par milliers qui cherchent refuge dans les forêts et savanes d’épineux. Ce genre de phénomène a alerté l’opinion à ses débuts quand la violence des dahalo a pris des dimensions de barbarie, et ce n’est parce que l’opinion semble être anesthésiée par sevrage d’information que l’on peut conclure sur une cessation de cette dérive. Pas plus tard que cette semaine, les pouvoirs publics déploient des manœuvres militaires pour rassurer des populations dans le Menabe du côté de Manja : des villages fantômes totalement désertés par leurs habitants. Constat sinon aussi inquiétant du moins en nombre de victimes plus important que le problème que posent les kidnappings à répétition, en tous cas même combat.

Pour le moment on ignore quand on parviendra à juguler le barbare phénomène dahalo, par contre on sait que les populations victimes de cette ambiance de terreur seront privées ou se priveront d’exercer leur droit de vote. La voix du peuple se privera de leurs voix, c’est un autre prix à payer pour que se tiennent les élections, indispensables ne serait-ce que pour le salut d’un simple espoir de renouveau.

Léo Raz

Les commentaires sont fermées.