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Chronique: firahalahiana

En août dernier, notre pays avait été sollicité par les plus hautes instances de la planète pour accueillir des réfugiés. Une fois n’est pas coutume, nous avions mis de côté notre amour du consensus pour répondre sans tergiverser : accueillir des migrants alors que nous n’étions pas en mesure d’assurer des conditions de vie décente à nos compatriotes? Non. Le sujet était clos.

Ce bref épisode de notre histoire récente me revient à l’esprit alors qu’en France, le Conseil Constitutionnel vient de consacrer le principe de fraternité.

Bien qu’il existe en malgache, firahalahiana, le terme ne nous est pas familier lorsqu’il est utilisé en politique, a fortiori comme un principe. Empruntons au scientifique Albert Jacquard une définition concise : «La fraternité a pour résultat de diminuer les inégalités tout en préservant ce qui est précieux dans la différence». Un détour par la Déclaration des droits et devoirs du citoyen de la Constitution française de 1795 l’explique autrement : «Ne faites pas à autrui ce que vous ne voudriez pas qu’on vous fît ; faites constamment

aux autres le bien que vous voudriez en recevoir». Depuis 1948, la fraternité est un principe universel reconnue par la Déclaration universelle des droits de l’homme : «Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité».

Aujourd’hui, alors que les réfugiés affluent aux portes de l’Europe, le texte du Conseil Constitutionnel français stipule qu’«il découle du principe de fraternité la liberté d’aider autrui dans un but humanitaire, sans considération de la régularité de son séjour sur le territoire national».

La Méditerranée est loin, l’Europe encore plus et nous ne sommes pas une terre d’asile. En revanche, nous sommes indéniablement une terre sur laquelle les hommes ne naissent pas libres

et égaux en dignité et en droits. Laissons là le fihavanana, un pas de côté vers firahalahiana ne nous fera pas de mal.

Kemba Ranavela

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