Oops! It appears that you have disabled your Javascript. In order for you to see this page as it is meant to appear, we ask that you please re-enable your Javascript!
Flash
Préc Suiv

Pérégrinations hebdomadaires : occasion ratée de prendre de la hauteur

Demeure le plafond de verre

De façon objective ou pour nombreux simplement dans l’inconscient flottait un vague espoir d’un changement que l’affaiblissement des pouvoirs du Président de la République allaient favoriser. Tel un mouchoir pour recouvrir une crotte de pigeon avant de s’asseoir sur un banc public, la sortie du nom de Riana Andriamandavy a suffit pour enterrer toute illusion. Le sentiment suite à la prouesse de Christian Ntsay d’avoir réussi la composition d’un gouvernement en si peu de temps, s’est estompé en raison des concessions importantes au profit du camp présidentiel selon la perception Place du 13 Mai. La Fronde à l’origine de ce chamboulement pose actuellement problème, les meneurs ne savent plus comment éteindre l’incendie, d’autant qu’au fond d’eux-mêmes certains dépités parmi les ténors souhaitent un échec cuisant et éprouvent un malin plaisir à voir des braises incandescentes continuer à menacer la stabilité du gouvernement à peine formé.

Bisbille dans les familles

Comme à chaque fois la formation d’un gouvernement ne fait pas que des heureux. Certes les nouveaux nommés, issus d’un camp comme de l’autre frétillent de bonheur, si complexes et ambigues que soient les positions d’appartenir à un gouvernement dit de consensus sans que cela ne le reflète de façon évidente, certains nouveaux ministres n’arrivent pas à contenir leur joie, en oublient le discours contraire à une telle appartenance qu’ils avaient tenu en public quelques jours auparavant. Pas un ne troquerait sa place pour autre proposition, et c’est tant mieux pour le Premier ministre au moins d’entre ses godillots il n’est pas un qui oserait entonner un chant autre que celui qu’il ordonne de chanter. Dès le premier conseil de gouvernement il envoie ses apôtres au feu. Des deux côtés le feu brûle. Nombreux parmi les thuriféraires du HVM comme dans parmi les grandes gueules du groupe des 73 ont espéré profiter des circonstances troubles pour obtenir un maroquin ou au moins un genre strapontin. Leur déception fut si grande qu’ils ne trouvent ni honte ni scrupule à le manifester, du côté présidentiel en annonçant haut et fort des démissions en réalité de peu d’importance, sur la place du 13 Mai à essayer de radicaliser le mouvement qui pourtant à l’inverse s’essouffle. La connivence avec des extrémistes d’Ankatso pour effectuer une marche vers le Ministère de l’Enseignement Supérieur, signe une dérive hooligan en raison de l’épuisement de cause légitime. Première mission des ministres du gouvernement Ntsay : tempérer l’ardeur des copains mauvais coucheurs. Mission suicide ! A l’opposé des mauvais coucheurs qui eux s’imaginent droit dans leurs bottes, les bien nichés se sentent à l’étroit dans leurs mocassins lorsqu’il s’agit d’aller casser la croûte avec les anciens potes devenus très critiques. Christian Ntsay n’attend sans doute pas grand-chose de cette opération, avoir imposé cette épreuve ne lui sert qu’à évaluer le sens de la discipline : dans son rôle est-il un autre Panurge ? Ce qui ne fait pas gloire mais au moins le gage de conduire un troupeau sans état d’âme. De toute façon lui-même l’a dit, l’essentiel réside à conduire le pays vers la tenue des élections.

Une présence, gage d’immobilisme

Les considérations précédentes augurent pour le chef du gouvernement une gouvernance sans grand risque d’écueils dangereux, à l’inverse pourtant la nomination d’un personnage plus que douteux au ministère de la communication hypothèque toute possibilité d’opérer le changement que le peuple attend. L’opinion en général et le monde des médias en particulier conteste la désignation du beau-frère de Claudine Razaimamonjy à ce ministère. Peu importe qu’il n’y connaisse rien en ce domaine, l’essentiel pour un ministre consiste moins à maîtriser techniquement le département dont on lui confie la charge, que d’avoir la capacité de faire montre de sagesse pour faire appliquer la politique définie en la matière. Les frasques dont le bonhomme a fait la démonstration tout au long du feuilleton Claudine témoignent de sa dangerosité et de son extrémisme si convaincu qu’il est de jouir du droit d’impunité.

La libération des médias publics, qui jusqu’ici portent mal leur qualificatif de national, conditionne l’empreinte d’une volonté d’entreprendre le Changement. Cette période intermédiaire se présentait comme idéale pour affranchir du servage la RNM et la TVM. La population n’est pas dupe, ces deux organes servent surtout à bourrer le mou de la population, à la nourrir d’informations falsifiées, à façonner les esprits dans l’acceptation d’une pensée unique, une kermesse de tromperie pour pouvoir gouverner en rond. C’est à ce niveau qu’il faut opérer en premier pour commencer le changement réclamé. Avoir réussi cette opération en cette période opportune aurait signé pour l’avenir interdisant un retour en arrière. Les acteurs politiques le savent bien, et si aucun ne s’est manifesté en ce sens, c’est que chacun se réserve cette poire dans l’espoir de s’en servir le jour où il accède au pouvoir.

Mais aujourd’hui et demain avant les élections  lequel des coteries au sein du gouvernement exerce le contrôle de l’accès à la RNM et à la TVM ? Encore un individu sans considération des valeurs autres que partisanes, les siennes. Rajaonarimampianina a tiré le gros lot pour mener propagande, RNM et TVM risquent de ne plus êtres des médias de gouvernement mais une radio et une télé présidentielles.

On dirait que personne n’a proposé comme candidat à ce ministère une personnalité dont la conviction affichée était de rendre à la nation sa radio et sa télévision.

Deux événements de l’actualité internationale pour un peu de baume au cœur

De haine déclarée l’un à l’autre, les acteurs politiques locaux ne sont pas parvenus au niveau des échanges entre le Président américain et le Chef de l’Etat nord-coréen. Et pourtant ils ont réussi à se congratuler et à dire tout le bien et l’estime que l’un cultive pour l’autre. Du grain à moudre pour ceux qui privilégient la réconciliation comme base de reconstruction plutôt que de réfléchir sur les difficultés à redresser la mentalité.

Le fête du foot menace de prendre toute la place des préoccupations, alors que les problèmes demeurent dans une phase aigüe. Contre mauvaise fortune faire bon cœur, pour une fois ne pas bouder l’avantage de vivre à Madagascar, le fait de se situer dans le même fuseau horaire que Moscou soulage de la gymnastique à devoir gérer des décalages horaires pour avoir le plaisir du direct.

Léo Raz

 

Les commentaires sont fermées.