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Chronique : arrêt sur image

Plus de joug, une barre transversale reliée à la charrue, et pour cause plus de zébu pour tracter, des hommes tirant péniblement l’engin. Scène identique lorsqu’il s’agit de briser les mottes avec une herse. La razzia par les dahalo dans le district d’Ambohimasoa se répercute durement sur le mode de travaux des champs. Les hordes de voleurs de zébus ne se contentent plus en effet de voler les troupeaux d’élevage ( autour de 40 têtes ) et ne lésinent pas à rapiner avec violence les bestiaux de trait ( 2 bêtes) appartenant aux familles d’agriculteurs. Dans cette région comme dans tout le Betsileo les activités rurales s’organisent essentiellement autour de la riziculture. N’en déplaise au Ministre de l’Agriculture dont les prétentions déclarées ambitionnent avec suffisance d’atteindre à court terme une autosuffisance alimentaire grâce à un plan miracle pour booster la production rizicole et même plus si affinités, (grenier à riz des îles de l’Océan Indien), les réalités sur terrain menacent de faire du rêve ministériel un cauchemar de la population rurale.

Nombre d’habitants de hameaux et de petits bourgs disséminés dans cette région, comme dans tant d’autres, vivent déjà le cauchemar, celui de l’insécurité, en langue nationale : circonstance interdisant de dormir en toute quiétude (tsy fisin’ ny fandriampalemana). L’incapacité politique à rétablir la sécurité étend l’insécurité au delà de la nuit, les dahalo ne s’embarrassent plus de mener leurs opérations au grand jour. Dans ce district, selon les informations des services vétérinaires, le cheptel bovin a chuté de 90%, du millier de tête qu’ils traitaient ils ne dispensent plus de soins qu’à une centaine.

L’insécurité au sens large génère en chaîne nombre plusieurs types particuliers d’insécurité jusqu’à l’insécurité alimentaire qui frappe un taux élevé de la population. Établir de beaux plans n’égale que construire des châteaux de sable tant que l’on ne parvient pas à ramener la sécurité à un niveau indispensable pour assurer la protection des personnes et des biens et pour permettre un fonctionnement des activités économiques dans des conditions normales.

Pour en revenir à la question du riz liée aux problèmes inhérents à l’insécurité, la première conséquence concerne le sur-coût causé par la diminution des moyens (privation de zébu). L’homme ne remplace pas le zébu, au moins cinq fois moins de force de travail, ce qui multiplie d’autant la charge temps, mais aussi du point de vue des intrants, les riziculteurs sont privés de l’engrais naturel des zébus. Ces considérations nuisent à la qualité à la quantité et au coût de la production. Le cours du riz ne répond déjà pas aux attentes des riziculteurs, ni ne les incite à se professionnaliser de façon moderne, les difficultés en raison de l’insécurité pénalisant de surcroît leur principale activité les inclinent davantage à réduire qu’à étendre de surface les rizières qu’ils travaillent. Récession menace.

Léo Raz

 

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