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pérégrinations hebdomadaires : la petite porte

La Haute Cour Constitutionnelle a tranché à propos des lois qui ont prêté à la crise le prétexte d’éclater. En ayant statué comme elle l’a fait, la H.C.C. offre aux protagonistes de sortir de la crise, certes sans leur dresser ni pour l’un ni pour l’autre un quelconque arc de triomphe, mais tout juste en entrebâillant une petite porte qui permet à l’un de ne pas avoir à s’enfuir la queue entre les jambes, à l’autre de ne pas avoir à baisser la tête. Évidemment que ceux qui sont descendu dans la rue ont marqué un point, ne serait ce que par le fait que les lois « indigestes » selon l’interprétation que l’on peut tirer du point de vue publié par la HCC nécessitent une révision, et que les rapports de force promettent de ne plus être à l’identique au sein de l’Assemblée Nationale, les rôles menaçant d’être inversés, « Jean qui rit passera en Jean qui pleure », alors que l’autre « Jean qui pleure s’amusera à devenir Jean qui rit ».

Sanction pour les ânes

Comme si elle avait annulé les sessions précédentes, la Haute Cour Constitutionnelle renvoie plancher les protagonistes. Différemment de ce qui a été souhaité, le gouvernement doit revoir la copie à présenter au Parlement, les deux chambres de celui-ci ayant à reprendre l’examen des nouveaux projets, de les amender au besoin, d’en débattre et de passer au vote pour adoption ou rejet. Le passage des textes devant à l’Assemblée Nationale et leur examen au Sénat ne promettent pas de n’être que simples formules, ces épreuves risquent de réserver désagréments et surprises. En considération des remarques et des dispositions adoptées par la H.C.C. le gouvernement n’a pas atteint la moyenne pour les projets qu’il a présentés, quant à l’Assemblée ou du moins les députés qui ont voté le texte eux n’ont mérité qu’un zéro pointé non seulement par manque de réflexion mais pour indiscipline. On imagine l’attitude des sénateurs, qui malgré la présomption de sagesse qu’on leur fait, par habitude ont donné l’impression de confondre sagesse et obéissance, à l’exception de deux ou trois individus, les yeux bandés ils seraient capables d’avancer comme un seul homme et de glisser dans l’urne tous un bulletin identique. Après avoir été échaudés par cette mésaventure : défaite dans la rue, rejet de la loi par la H.C.C., grande gueule des adversaires, quel consigne les décideurs de la «majorité» vont-ils glisser aux sénateurs de leur bord ? De leur côté les députés contestataires ne gagneraient pas à faire prématurément dans le registre du triomphalisme. Le mouvement a surtout gagné à ce que la présidentielle soit ouverte à tout le monde et qu’il n’y ait pas les exclusions que le parti du pouvoir comptait opérer.

Les 73 députés de la révolte ont bénéficié de ce mouvement pour raviver leur apparence ternie, mais tous n’ont pas gagné d’avance le droit de «redoubler» même si quelques-uns escomptent déjà sur un maroquin pour s’être démarqués, (le public n’a pas manqué de noter la course pour se saisir du micro).

Du lest pour la date des élections

La H.C.C. n’a pas enfermé la tenue des élections dans l’obligation de faire coïncider la prestation de serment du prochain président à un jour près en rapport au 25 Janvier 2014. Cette date n’est que référence pour déclencher toutes les dispositions et procédures au service de l’organisation des élections. Toutefois la H.C.C. saisit l’occasion pour cadrer d’un point de vue calendaire la période de cette élection conforme à la constitution, ce qui a le mérite de préciser le fait que même en considération des circonstances actuelles, la H.C.C. n’envisage pas la nécessité de différer ce rendez-vous avec le peuple. Par ailleurs de façon incidente en rapport à la date arrêtée à l’intérieur de cette période elle indique les moments où devrait tomber la démission du Président s’il est candidat, manière de souligner l’obligation pour celui-ci de s’y soumettre au moment voulu. Si tout se passe conforme à la constitution ou du moins à ce que déclare la Haute Cour Constitutionnelle, il n’y a plus que huit mois au maximum à attendre pour la population et autant pour se préparer en ce qui concerne les candidats. Il est possible d’imaginer que chaque pouvoir ( législatif, exécutif) se recroqueville dans sa sphère et après ce qui a été évite de faire des vagues, n’empêche qu’il serait plus rassurant pour la population si les forces militarisées (armée, gendarmerie, police) s’interdisaient la politique afin de satisfaire avec équité à leur responsabilité d’assurer protection aux personnes et aux biens.

Ni chien de garde du pouvoir ni instrument de gouvernement

Les forces militarisées, au service de la République

Une réflexion doit aussi se faire concernant la vocation de ces forces. Il arrive trop souvent que les plus brillants d’entre les hauts gradés se laissent embrigadés dans des fonctions politiques. Normal et c’est leur droit, même différents des civils ils n’en restent pas moins citoyens à part entière. Malheureusement il semble que nombre de ceux qui s’investissent en politique en épousent aussi les tares. Peut-être que cette ambiguïté dans des sphères au sommet de ces trois corps militarisés provoque des phases de médiocrité telle que celle qui est apparue ce fameux samedi. Il est bien possible qu’il n’y ait pas eu d’ordre de tirer sur la foule, ni de tuer, mais nul besoin d’avoir suivi des enseignements à Saint Cyr pour se demander comment des patrouilles bien dirigées peuvent-elles se laisser enfermer de la sorte dans le piège d’une foule qui n’obéit à aucune stratégie ? Évidemment que reste toujours le risque que les forces politiques favorisent une division à l’intérieur des forces militarisées. Justement il appartient aux supérieurs qui ne sont pas infectés par le clivage politique de veiller à l’unité, dans les casernes comme sur tout le territoire.

Léo Raz

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