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Chronique : Votre mari est-il d’accord ?

En 1965, les femmes de France, ce pays qui nous sert de référence, faisaient un pas de plus vers l’autonomie. Elles accédaient à un droit qui n’est peut-être pas fondamental mais qui a profondément modifié la société, celui d’ouvrir un compte en banque sans demander l’autorisation de leur mari. Deux ans plus tard, les femmes de France pouvaient choisir un moyen de contraception, sans demander l’accord de leur compagnon et en 1975, elles obtenaient le droit d’interrompre une grossesse dans des conditions sanitaires correctes sans être inquiétées par la justice.

Les femmes de Madagascar peuvent normalement ouvrir un compte en banque sans demander l’autorisation de leur mari. Le savent-elles toutes ? Le droit à la contraception leur est théoriquement acquis dans les centres de santé mais elles ne sont pas nombreuses  à la demander, a fortiori sans l’autorisation de leur mari. Les femmes de Madagascar sont nombreuses à interrompre une grossesse non désirée, tout le monde le sait. Elles sont trop nombreuses à le faire dans des conditions déplorables qui ne sont pas sans conséquences pour leur santé.

Il est temps de s’interroger sur l’hypocrisie qui entoure ce sujet tabou. Il est temps qu’on reconnaisse aux femmes qui avortent le droit de ne pas mourir des suites d’une intervention clandestine, souvent approuvée par leur mari.

Lorsqu’on s’aventure à aborder ces sujets qui fâchent, on se cache derrière une légende que l’on aime sortir d’un placard poussiéreux. Les femmes de Madagascar seraient les fières descendantes d’une société matriarcale. Le sujet est clos.

Les femmes de Madagascar, issues d’une lignée de femmes fortes, ont donc le droit d’ouvrir un compte en banque sans en référer à leur conjoint. C’est bien. Ici comme ailleurs, les femmes qui perçoivent un salaire consacrent l’argent qu’elles gagnent d’abord à leur famille, à leurs enfants. Pour autant, la situation de nos femmes est loin d’être enviable. La materfamilias malgache est souvent le pilier de la famille dont elle a la charge exclusive. Avec l’assentiment de son mari.

Kemba Ranavela

 

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