Oops! It appears that you have disabled your Javascript. In order for you to see this page as it is meant to appear, we ask that you please re-enable your Javascript!
Flash
Préc Suiv

Prix a la pompe : le FMI préconise plus de visibilité

Prix a la pompe  : le FMI préconise plus de visibilité

Le retour progressif à la vérité des prix à la pompe est un passage obligé pour éviter les subventions versées auprès des compagnies pétrolières qui représentent un réel gouffre financier à l’Etat durant la transition. Patrick Imam, représentant résident du Fonds monétaire international (FMI) à Madagascar a souligné que l’élaboration du système de lissage dans le dessein de ne pas infliger aux consommateurs le changement brusque des prix auprès des consommateurs, ne suit pas une règle claire et transparente à Madagascar.

*Les Nouvelles : Comment trouvez-vous cette application du système de lissage adopté par le gouvernement pour amortir le choc d’une forte hausse des prix à la pompe auprès des consommateurs ?

– Patrick Imam : L’application d’un système de lissage au niveau des prix à la pompe du carburant est une pratique courante des gouvernements qui ne souhaitent pas passer instantanément le changement des prix au niveau international sur les prix locaux, que ce soit à la baisse comme à la hausse, pour des raisons politiques et sociales. Ainsi, avoir un mécanisme de lissage en soi n’est pas problématique. Ce qui est important c’est la façon dont ces mécanismes sont conçus et mis en œuvre.

* Dans le cas de Madagascar…

– Dans le cas de Madagascar, le lissage se fait jusqu’ici d’une manière ad hoc dont les règles ne sont pas claires, non transparentes et non automatiques. Ce qui rend son fonctionnement aléatoire, accentue le manque de visibilité sur l’évolution des prix domestiques et favorise l’accroissement des créances des distributeurs à l’endroit de l’Etat, comme on le voit aujourd’hui.

* Quels seraient les enjeux de ce manque de visibilité par rapport à l’application de la vérité des prix ?

– La situation n’est pas du tout souhaitable car cela amènerait l’Etat à consacrer une fois de plus ses maigres ressources à payer des dépenses non prioritaires et inefficientes que sont les subventions sur les carburants afin de compenser les pertes encourues par les opérateurs. Il est donc important pour les autorités de réfléchir sur un système de lissage clair, bien défini et qui fonctionnerait d’une manière automatique chaque mois.

*De quelle manière ?

-Sur le plan technique, plusieurs systèmes de lissage existent, à charge pour les autorités de déterminer celui qui correspond le plus à ses besoins et aux caractéristiques du marché pétrolier intérieur.

* Quels sont les principaux désavantages pour toutes les parties prenantes concernées ?

-Le principal désavantage du système de lissage ad hoc, c’est notamment son caractère aléatoire et le manque de visibilité qu’il engendre auprès de tous les principaux acteurs de la filière, entre autres l’Etat, les distributeurs pétroliers, mais également les consommateurs qui subissent les prix finaux.

* En d’autres termes…

– Quand le mécanisme de lissage ne se fait pas d’une manière claire, à travers une formule définie qui est intégrée dans le calcul automatique des prix à la pompe chaque mois, la tentation de garder les prix fixes, notamment en période de forte hausse des coûts des importations, est grande. Or, en évitant que les prix à la pompe reflètent la tendance au niveau mondial, les pertes opérationnelles des opérateurs vont se creuser, créant ainsi des passifs latents pour l’Etat qui doit être payé un jour ou l’autre. Ainsi, plus la vérité des prix est  repoussée, plus les passifs de l’Etat envers les distributeurs vont s’accumuler. Et donc plus grand sera l’ajustement à faire au niveau des prix à la pompe pour réduire ce passif ainsi que les coûts budgétaires y afférents. Ces derniers se réfèrent notamment aux dépenses prioritaires qui ne pourront pas être réalisées puisqu’une partie des ressources publiques serait utilisée pour rembourser les passifs accumulés.

*Vous avez parlé l’existence de plusieurs systèmes de lissage. Est-ce que vous pouvez avancer des cas concrets dans d’autres pays en comparaison à la situation à Madagascar ? 

– Plusieurs mécanismes sont utilisés à travers le monde, mais les méthodes les plus couramment utilisées sont la méthode de bandes de prix et la méthode de la moyenne mobile. La première méthode consiste à limiter l’ampleur des variations de prix à la pompe en fixant un plafond qui peut être soit une proportion du prix en vigueur soit un montant absolu. Dans le cas d’un plafonnement des prix, le prix de détail est fixé au début de chaque période en répercutant complètement la base du coût d’importation moyen du mois précédent. Ainsi, si l’augmentation requise du prix de détail dépasse le plafond, on applique l’augmentation maximale autorisée. Si l’augmentation est par contre inférieure au plafond, l’ajustement est alors autorisé dans sa totalité. Quant à la seconde  méthode, elle fixe les ajustements du prix de détail en fonction des variations de la moyenne des coûts d’importations passées. Le prix de détail est calculé au début de chaque mois à l’aide d’une moyenne des coûts d’importation de deux ou trois mois passés. Ainsi, les prix à la pompe peuvent alors subir un ajustement intégral en fonction du prix d’importation calculé selon la formule de lissage. Ce sera bien sûr aux autorités de trouver la solution qu’ils pensent être la plus adéquate pour Madagascar.

Propos recueillis par Riana R.

Les commentaires sont fermées.