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Commerce transfrontalier : lenteur et complexité au niveau des frontières

Commerce transfrontalier  : lenteur et complexité au niveau des frontières

Après avoir signé l’Accord sur la facilitation des échanges (AFE) avec l’Organisation mondiale du commerce (OMC), l’an dernier, Madagascar s’engage à améliorer sa performance transfrontalière d’ici à 2023. Mais la Grande île est encore loin du compte.

Madagascar est le neuvième, parmi les Pays les moins avancés (PMA), ayant ratifié l’Accord sur la facilitation des échanges (AFE) en 2017. Dans ce cadre, la Grande île se fixe l’objectif ambitieux de rendre les procédures aux frontières plus performantes.

Car «dans le contexte actuel, la facilité des échanges est devenue décisive pour assurer la compétitivité du pays. Il s’agit également d’un facteur déterminant pour les investisseurs qui veut s’engager dans un pays. Par ailleurs, la mise en vigueur de l’AFE permettra d’augmenter jusqu’à 80% la vente des Petites et moyennes entreprises (PME)», a avancé  Dina Rabenandrasana, chef du service des actions économiques, à l’occasion d’une rencontre avec la presse, hier, pour la présentation des engagements de Madagascar par rapport à cet accord.

Mais pour le moment, un manque d’efficacité aux frontières, des règlements douaniers complexes et d’autres obstacles aux échanges compliquent l’accès au commerce international des entreprises de toutes tailles et plus particulièrement des PME.

Manque d’efficacité

En effet, Madagascar a mis en place une feuille de route de cinq ans (2018-2023), pour réaliser ses engagements sur la facilitation des échanges. Mais à l’heure actuelle, le pays est encore loin du compte.  Le manque d’efficacité aux frontières reste un réel obstacle pour  la Grande île. Les difficultés rencontrées par les transporteurs au port de Toamasina, depuis maintenant quelques mois, laissent croire que les procédures aux frontières à Madagascar connaissent plus de régression que d’avancée.

Selon le dernier rapport Doing Business sorti par la Banque mondiale, mesurant les régulations favorables et défavorables à l’activité commerciale, le délai moyen de procédure de dédouanement à Madagascar est de 99 heures. Huit documents sont indispensables pour procéder à l’importation et le délai de traitement des documents est de 58 heures.

Par ailleurs, le délai nécessaire à l’importation est de 17 jours, les coûts nécessaires à l’importation et l’exportation sont respectivement de 595 dollars et 800 dollars. «Il est évident que ces sommes exorbitantes ne sont pas à la portée des PME à Madagascar. C’est pourquoi, la mise en œuvre de ce projet, ambitieux soit-il, est devenue indispensable actuellement. Il faut tout de même préciser qu’il ne s’agit pas uniquement d’un engagement de l’administration douanière mais aussi de toutes les parties prenantes, entre autres, les transitaires, transporteurs, banques», a enchaîné Dina Rabenandrasana.

Prolifération des infractions

En outre, Eric Narivony Rabenja, directeur général des douanes, d’avancer que la prolifération des activités informelles et des infractions, telles que la sous-évaluation, la fausse dénomination, la fausse déclaration, les sociétés fictives, est un obstacle majeur à la facilitation des échanges à Madagascar.

«Les autres pays abandonnent peu à peu les contrôles traditionnels aux frontières pour un système de contrôle a posteriori, intégré dans un contexte généralisé de facilitation des échanges.  Mais ce système ne peut pas encore être appliqué à Madagascar en raison de la prolifération du secteur informel et tout type d’infractions. Les recettes douanières représentent pourtant une part importante pour le  budget de l’Etat (46%), si dans d’autres pays comme le Maroc, les recettes douanières ne représentent plus que 13 à 14% du budget de l’Etat. Le renforcement des contrôles au niveau des frontières est donc d’un enjeu majeur pour Madagascar», a-t-il expliqué.

Riana R.

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