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Chronique : que d’os que d’os

Sous un climat nuageux d’une période de précampagne, dans le tintamarre provoqué par l’avortement d’un vrai débat et par une opération au forceps pour l’adoption de projets de loi relatifs aux élections, les événements peu glorieux n’ont pas fait défaut.

 Les tumultes suite aux démêlées entre une dame député zélatrice de l’exécutif, chahuts qui ont débouché sur des manœuvres honteuses sur les réseaux sociaux, ont ouvert le bal de la quinzaine de bassesse. S’éleva naturellement la petite musique sur l’air de la valse des mallettes, serinette bien connue dans laquelle se mélangent réalité et fiction. Le tableau aurait été incomplet sans le rôle d’une Cosette, le pouvoir a mis la main sur Christine Razanamahasoa pour lui faire jouer rôle. Malheur pour les donneurs d’ordre un maladroit scénariste en a donné un ton excessivement soldatesque que les brutalités ont soulevé un tollé auxquels les âmes les plus insensibles ont trouvé prétexte pour y mêler leurs voix. Comme s’il manquait encore de rebondissement, la pantalonnade d’un casse sans casse visible au domicile du Premier ministre vient couronner la représentation. Que d’os ! La question se pose, comment le public ne s’en étrangle pas et ne vienne pas à vomir ceux qui lui servent tant d’arêtes à ingurgiter.

Simple clause de style, que d’utiliser le qualificatif « honorable » pour parler de faire amende en regret de commission d’une grossièreté. Au fond accuser des journalistes de puer des aisselles ne constitue pas une offense qui exige d’être lavée dans le sang, mais l’impudence de l’avoir dit dénote d’un état d’esprit malsain, comme si plus qu’à devoir faire preuve d’une digne retenue, à l’inverse on pouvait se lâcher à sa guise du fait de se savoir bien introduite au sein de la classe dirigeante. La réponse du berger à la bergère semble excessive, mais on aurait tort de charger les journalistes d’avoir commis  l’outrance de propager des photos intimes tellement intimes que plus impures qu’impudiques. Réaction coupable certes mais révélatrice d’un sentiment de l’opinion qui condamne les facilités que s’autorisent  les gens du pouvoir.

Madame l’ancienne ministre de la Justice a subi une injustice par la manière adoptée pour la déloger de son domicile, et ce n’est pas un juste motif de l’expulsion qui laverait de l’indignité ceux qui ont eu l’initiative de ces scènes d’humiliation. Madame la Ministre a de plus était victime d’une exception, même si de ne pas être la seule à abuser des prodigalités extra légales de la République ne constitue pas une excuse libératoire. En la matière (maltraitance des avoirs et biens publics) la classe politique se dispense de l’immixtion d’un quelconque réconciliateur, alors même que les organes de réconciliation devraient trouver à y redire pour espérer réconcilier le peuple avec la politique, objectif autrement plus élevé que celui d’une réconciliation de voyous.

Simple parenthèse qui ne s’éloigne pas de cette énième rumeur concernant un marchandage derrière un conclave pour réussir l’adoption des lois électorales. La rumeur ne prête qu’aux riches, et ici les « suspects » sont riches à deux titres : riches de la réputation justifiée ou non de pratiques de corruption, riches d’argent qui se décline en millions et milliards.

Ce n’est pas la mésaventure dont aurait été victime le Premier ministre qui démentirait la circulation d’énormes sommes. Il se raconte en effet que 12 milliards d’ariary soit 60 milliards fmg, ont disparu du domicile du Premier ministre, sans casse sans laisser de trace. Abracadabra, de quoi tomber à la renverse, s’agissant d’une si énorme somme, qui plus est la réussite d’un tour de passe-passe pour subtiliser des valises d’une résidence parmi les mieux sécurisées, noblesse oblige. Le public gobe et même se pâme devant les tours de magie, mais l’opinion s’interroge quand-même sur l’origine et la destinée d’une telle somme. Le Bianco enquêtera déclare-t-on pour apaiser cette indiscrète curiosité de la population qui ne manque pas d’imagination pour poser les questions et faire les réponses qu’elle sait ne jamais obtenir.

On ne sait par quel manque de diligence une information révélant une infortune d’un si important personnage a pu transpirer dans l’actualité brûlante. Si résigné que soit le peuple le vent qui souffle sur le monde peut soulever une nouvelle brise jusqu’ici à Madagascar. Nombreux dirigeants de divers pays tremblent à l’annonce d’une probable incarcération de Lula ancien Président du Brésil, dans la foulée des mésaventures qui frappent l’ancien Président français Nicolas Sarkozy. Faut pas rêver ! Et pourtant pourquoi pas, le régime a jeté en prison un des anciens hauts collaborateurs, un ex ministres des Finances, de plus là-haut on tergiverse quant au sort à donner à l’ex Président Marc Ravalomanana. Même sans les dernières lois réputées scélérates la qualification de Marc Ravalomanana à être candidat à la présidentielle serait suspendue soit à son initiative de déposer une opposition à l’arrêt qui le condamne à perpétuité, soit à l’obtention d’une amnistie qui l’absout de la condamnation.

Léo Raz

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