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Chronique : conjugaison de désespérance

. A toi Balita, le passé ?

. Décomposé Ramosé

. Le présent, Ketaka ?

. Dans l’insécurité

. Mieux que tout ça Naivo, le futur ?

. Peur de demain.

. Qu’avez-vous tous ce matin ?

. Comme tous les jours, Monsieur, nous avons faim !

. Bon, allez prendre l’air 10 minutes

. Mais on ne sait pas manger l’air, Monsieur !

Scène prise sur le vif dans une classe d’école primaire publique en brousse. Tout le monde a compris que les réponses des élèves ne contiennent aucune pointe d’insolence, même si l’excès de réalisme peut donner à ces réponses par des vérités crues une teinte de provocation. La réalité est en elle-même suffisamment scandaleuse que la dire avec simplicité arrive à heurter l’oreille. On ne peut quand-même pas leur tenir rigueur de ne pas faire grand cas de la sensibilité d’autrui alors que déjà ils ont à supporter le mauvais sort sanspar de continuelles jérémiades casser les oreilles des gouvernants. Mille excuses pour l’oubli ! Dans ce pays, si la liberté est la règle, le silence est de règle : toute manifestation dans la rue ou sur la place publique est interdite et malheur à ceux qui enfreignent cette interdiction, les répressions sont musclées.

. A toi Koto, les forces de l’ordre ?

. Je ne suis pas fou je me tais pour le présent, pour le futur j’espère qu’elles arriveront à contenir les actions des malfaiteurs, que l’on dit bien armés, mais de loin moins que les forces de l’ordre.

. Pourquoi les malfaiteurs arrivent alors à résister ?

. On dit qu’ils ont faim, mais je pense que c’est surtout parce qu’ils aiment leur métier, qu’ils y croient, et puis parce qu’on ne peut pas les acheter.

. Ils ne devraient plus avoir faim donc, ils seraient même riches !

. Non Monsieur, comme vous ils ont des patrons. Et il parait que ces patrons sont encore plus forts que les vrais patrons. Ils commandent et confisquent les bénéfices, même si personne ne les voit, comme Dieu ils voient et savent tout, incognitos ils s’appellent.

. Erreur, mon petit. Ils sont connus mais intouchables.

Léo Raz

 

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