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pérégrinations hebdomadaires : un cran de plus par ci un autre par là

Selon que l’on soit prince ou manant il est normal que l’on ne se serre pas la ceinture pareillement. Les plus déshérités pensaient peut-être avoir atteint le dernier trou de la ceinture, eh bien non ! En fait question de se restreindre on ignore jusqu’où on en est capable. Certes comme en toute chose, en ce domaine les ressources pour se sacrifier ont leurs limites, si personne ne sait les définir à l’avance avec exactitude, il parait dangereux de s’en amuser. A l’expérience on a appris combien il ne fait pas bon lorsqu’on les dépasse, à l’évidence de ce point on s’en approche.

De plus, on sent bien qu’à un éclatement l’atmosphère (politico-social) s’y prête. La classe politique sous l’impulsion du clan au pouvoir, a franchi un cran de plus pour projeter le pays de façon précoce dans une saison pré-électorale avec en prime les turbulences caractéristiques à une impréparation, histoire de réserver

à tous les protagonistes (population des électeurs, concurrents) des surprises pas nécessairement agréables. Le retard à établir des lois semble faire partie de la stratégie, plus on tarde à adopter une loi moins l’opinion et les contradicteurs disposent de temps pour la dénoncer aux motifs des dispositions vicieuses qui font d’elle une loi scélérate. Jusque-là on ne sait précisément la teneur de tous les textes qui vont régir les élections. Dans cette ambiance délétère on a malheureusement l’impression que règne une duplicité de l’ensemble pour faire d’un sujet essentiel un tabou, le financement du budget des candidats et de leur campagne.

Une bataille de gros sous

Une timide suggestion limitant le budget de chaque candidat à quelques centaines de milliards d’ariary a vite fait de se replier dans le silence. Cette proposition ressemblait à un aveu cynique jetant à la figure de la population la présence de richesses cachées sur la réalité d’une pauvreté banalement généralisée. Sitôt apparue sitôt retirée, cette initiative maladroite laisse des séquelles, le public malgré l’imprécision des informations sur cette question de budget, ne s’arrête plus désormais à de simples intuitions, il s’est fait des références pour évaluer le niveau de fric que certains sont prêts à dépenser pour conquérir le pouvoir. Peu de gens caressent naïvement l’idée de gratuité de ces gestes par amour de la patrie, nombreux soupçonnent dans ces largesses un calcul de haut vol dans lequel on escompte des retours d’investissement à grande teneur d’intérêts.

 Doit-on encore s’interroger sur les raisons du désintérêt de la population pour ces élections ? Peu de personnes se soucient de vérifier si elles figurent ou non sur les listes électorales. Les organisateurs jouent la carte de l’humilité en avouant qu’ils n’ont pas atteint l’objectif des 10 millions d’électeurs, espérant peut-être des félicitations pour avoir approché cette barre en annonçant un résultat de 9,6 millions. Le public n’en a cure, fixant son appréciation autour de la question de la bataille de gros sous. Alors que dans des pays économiquement avancés le financement des partis et des campagnes obéit à des règles strictes dont le respect est scrupuleusement surveillé, comment peut-on ici  laisser faire l’escalade des excès avec les dangers inhérents sur la tournure que prennent les élections ? Démocratie et ploutocratie se partagent le même lit ! Un attelage contre nature. Par-dessus le marché, il ne s’agit même pas d’une vraie classe de ploutocrates, pour ne pas faire dans l’injure s’abstenir de parler de voyous enrichis, et donner faveur à la formule : arrivistes et parvenus « accidentellement » enrichis. C’est que malgré ou en raison d’un Etat affaibli, la

corruption est un moteur vaillant des plus efficaces dans le pays. Certes pour amuser peut-être la galerie le pays dispose d’un arsenal impressionnant pour lutter contre ce fléau, (Bianco, Chaine pénale, Police financière…), mais leur stérilité classe Madagascar à un rang peu flatteur dans la classification des pays de corruption. Un boulet que traine

le Chef de l’Etat qui s’est interdit de s’attarder sur le sujet au Sommet de l’Union Africaine.

Le dernier Addis-Abeba, un déplacement à Canossa

Sauf le plaisir de figurer au sein du gotha ( !) parmi ses pairs chefs d’état africain, plaisir qui selon ses détracteurs l’anesthésie des risques de faire l’objet de risées, le déplacement pour participer au sommet de l’Union Africaine ne devait pas être une sinécure pour Hery Rajaonarimampianina. Le sommet avait à traiter des efforts et des avancées dans l’éradication de la corruption. De quoi mettre le Président dans ses petits souliers. Outre le rang peu flatteur parmi les pays les plus pourris à ce propos, il se trouve que le régime est imbriqué dans une histoire scandaleuse qui à tort ou à raison atteint à l’honneur des personnalités occupant des fonctions des plus honorables. La tribune d’Addis-Abeba ne se prêtant pas à servir de prétoire au sein duquel plaider en faveur des siens diffamés, le Président a cru plus sage d’éviter le thème et de discourir hors sujet. Malheureusement en tous domaines les questions les plus anodines apparaissent brûlantes. La sensibilisation sur l’importance de la sécurité alimentaire des enfants constitue un thème très porteur, toutefois la situation qui se trouve être dans le pays a des retentissements qui obligent à des retenues en paroles et qui interpellent soi-même à passer aux actes plus qu’à se répandre en discours. A cet endroit (joindre l’action aux discours) du reste se trouve le nœud gordien que doivent défaire le Président et son équipe pour espérer rempiler. Challenge que certains d’entre eux essayent de contourner avec acharnement en empruntant de façon agressive des chemins de traverse qui ramènent cependant à cet inévitable carrefour où se dresse le couperet des comptes à rendre.

Léo Raz

 

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