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pérégrinations hebdomadaires : loi des séries par manque d’imagination

« Je suis le premier à l’avoir dit… », on croirait des mômes du primaire qui se disputent la considération du maître, sauf qu’ici le maître est l’opinion publique qui ne se laisse plus conter des billevesées, balivernes que la suffisance des personnages considère comme d’extraordinaires trouvailles fruits de leur réflexion à la fois que de témoignages de leur intelligence hors norme. S’agissant d’adultes responsables le problème se corse du fait qu’il est question de conquérir le vote des électeurs pour diriger à nouveau le pays et les affaires ( !). Ce n’est pas simple accident fortuit si les deux éminences se télescopent à nouveau à propos d’une priorité sur une idée somme toute banale, ils ont des éléments de parcours en partage. L’un et l’autre ont en commun le bonheur d’avoir connu ou de connaitre l’opportunité de faire leurs preuves, mais éprouvent aussi le même malheur d’avoir raté lourdement l’épreuve. Pendant ce temps le troisième larron déclaré dans la course, tente toutes les provocations pour avoir en retour les réponses qui lui donneraient le rôle de victime, et ça fonctionne mais le costume de victime habille si mal un caractériel tyrannique.

Emergence, la trouvaille pomme de discorde

De l’expérience identique d’avoir un bilan moins que flatteur au terme de l’exercice du pouvoir durant cinq ans (bilan qui menace le mandat actuel proche de son terme), comment convaincre la population pour obtenir à nouveau sa confiance sinon à faire miroiter une construction nouvelle à longue échéance. Qui n’a pas pu le moins pourrait le plus !!! L’idée de départ des deux est déjà la même, et il n’est que logique que des idées courtes parties du même point atterrissent sur des conclusions identiques, dont la principale est d’enterrer le terme développement complétement décrédibilisé. Il n’y a en cela ni mystère ni objet de discussion seuls les vocables utilisés auraient pu les différencier. Et non, tel n’a même pas été le cas, manque d’imagination oblige : développement ayant coulé, pour refaire surface et flotter, « émergence » se présente comme la bouée de sauvetage d’excellence. On arrive à se disputer la paternité du terme. Grosses rigolades dans les cuisines des observateurs de la vie publique. Il y a des lustres que l’émergence des dragons du Sud-est asiatique avait menacé de brouiller la distribution des cartes et surtout la redistribution des profits sur l’échiquier de l’économie mondiale. Ce n’est pas nouveau, mais il n’y a pas de mal à s’en inspirer pour reproduire des résultats à l’avenant. Les rares éléments qui transpirent (dont les initiateurs du projet sont parcimonieux sans doute faute d’abondance) ne favorisent toutefois pas un optimisme béat. Une fois encore on en arrive à craindre la réalisation d’une pâle copie, un hydrocéphale (tête pleine de rêves) aux petits bras. D’entrée de jeu le rêve ne fascine pas la population. Alors que les gens réclament des solutions immédiates pour soulager des difficultés chaque jour plus pesantes, ces projets leur demandent à l’inverse davantage d’efforts et encore plus de patience. Des efforts ? Il existe de la marge pour en fournir tant

et plus certainement. De la patience ? Ils en ont assez donnée que les réserves sont épuisées, les clignotants virent au rouge, ne laissant aucune chance aux propositions à éloigner tant et tant les échéances. Faut quand-même pas rêver, les kemés !

L’arroseur arrosé

La stratégie de Marc Ravalomanana apparait plus clair chaque jour. Il n’a de souci pour se refaire une virginité qu’à s’habiller du rôle de victime, allant jusqu’à faire croire à se résigner à un destin de martyr par fidélité à ses convictions au service de la patrie. Il ne dédaigne pas pour autant à miser sur le côté pile et à jouer l’ange de mauvais augure en annonçant le malheur de graves troubles si l’on vient à entraver sa route. Mais petits et grands malheurs se disputent à pleuvoir sur son chemin. Ses adversaires ne se font pas de scrupules à lui infliger les traitements que lui-même avait initiés contre ses « ennemis » du temps où il était au pouvoir. Ce qui ni ne donne légitimité ni ne légalise les actes contraires au droit actuellement entrepris à son encontre.

Plane toujours cette menace concernant l’application d’une décision judiciaire l’ayant condamné à être jeté en prison. Ça se calme un peu pour l’instant, la Jeanne d’Arc désignée pour mener le drapeau et l’épée de cette campagne s’est pris le feu aux traines de sa robe dans l’affaire du boutefeu Houcine Arfa. Aussi le camp Ravalomanana exploite surtout les malheurs que l’homme subit face aux brutalités des forces de l’ordre empêchant la tenue de toute réunion avec ses partisans même dans le clos d’un domaine privé. Les difficultés qu’Herizo Razafimahaleo eues à surmonter en 2007 reviennent naturellement à l’esprit. A Mahajanga comme à Antananarivo soit pour tenir un meeting soit pour tenir

une conférence de presse, un terrorisme d’Etat n’a cessé d’exercer pressions et menaces sur les propriétaires de salles pour leur interdire de concéder tout contrat de location à ce challenger, même les grands hôtels se sont pliés au diktat, il a fallu à Herizo jouer au chat et à la souris pour parvenir à rencontrer les journalistes en un modeste endroit que les penseurs de la police républicaine n’avaient imaginé pouvoir répondre à cet effet.

Usant de brutalité tout en frissonnant de fièvre

Il ne doit pas être agréable d’envisager quitter quelque poste agréable que ce soit à fortiori la plus haute charge de son pays. Rien n’est sûr mais les caprices des sondages ne garantissent rien de stable, un jour une sortie victorieuse le lendemain une déculottée calamiteuse. Ce n’est pas la prétendue popularité que rapportent les flagorneurs d’une cour miteuse, qui pourrait rassurer. Et les circonstances viennent plomber l’atmosphère.  Les malheurs faits à Ravalo produisent pour l’instant les effets contraires de ceux escomptés : calcul maladroit. Le scandale HoucineArfa risque de piéger le pouvoir partagé entre le devoir de solidarité et l’obligation qu’enseigne la bible concernant le réalisme de couper les branches pourries. A se répandre la gangrène ne fait pas rémission pour peu que l’on tarde à s’amputer d’un membre nécrosé.

Léo Raz

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