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Insécurité et kidnappings : énième interpellation

Insécurité et kidnappings : énième interpellation

Pendant que le régime palabre sur sa « vision 2030 », les problèmes liés à l’insécurité, notamment le kidnapping, sont loin d’être résolus. A ce propos, l’ambassadeur de l’Inde a,  une fois de plus, interpellé le régime, hier.

«Je réitère mon interpellation envers le régime ainsi que les dirigeants à prendre leurs responsabilités afin que le phénomène de kidnapping cesse. Actuellement, les kidnappeurs s’en prennent à tous les citoyens et non plus seulement aux ressortissants indiens». Cette déclaration est  de l’ambassadeur de l’Inde à Madagascar, Subir Dutta, hier, lors de la célébration du «Indian republic day», à Analamahitsy.

Kidnapping par ici, enlèvement par là. Les quatre années du régime sont en effet marquées par la multiplication de ce fléau au point qu’ils tendent à devenir une banalité.  Sauf que cette série handicape à coup sûr l’économie du pays car l’environnement des affaires est sérieusement écorné. Et pour cause, les principaux acteurs de l’économie en sont les premiers concernés. Si auparavant, seulement la communauté indopakistanaise a été la principale victime, depuis quelques temps, les nationaux sont aussi ciblés. Preuve que le fléau a pris une proportion inquiétante.

En dépit des multiples voix qui s’élèvent appelant l’Etat à prendre ses responsabilités, la réalité ne semble cependant pas évoluer dans le bon sens. Plusieurs diplomates avaient d’ailleurs déjà alerté le régime à ce propos. Au mois de juin 2017, lors d’une conférence de presse, l’ambassadeur de l’Inde avait déjà mis l’accent sur le cas des kidnappings. «On veut des résultats tangibles et on veut une responsabilisation rapide et efficace du gouvernement», avait-il alors déclaré. Puis encore, en février 2015, l’ancien ambassadeur français François Goldblatt avait remis aux autorités une liste de suspects impliqués dans des affaires de kidnapping. Une liste qui comporte  à la fois «des noms et la fonction d’agents haut placés, dont des fonctionnaires, des forces de l’ordre (…)».

«Inacceptable»

Sauf que, depuis, la situation s’est empirée. Rien que depuis près de six mois, près de six cas de kidnapping en dix mois ont été enregistrés dans la capitale. Et le dernier en date, le 17 janvier dernier, un rocambolesque kidnapping s’est déroulé en plein centre ville, à Antanimena plus exactement, sans aucune réaction de la part des responsables de la sécurité publique. D’ailleurs, plusieurs opérateurs économiques ont haussé le ton depuis pour rappeler à l’Etat ses responsabilités en matière sécuritaire. «Au cours des dix derniers mois, on a recensé environs 6 kidnappings dans la capitale : c’est inacceptable d’autant plus que ces réseaux mafieux ne reculent devant rien pour accomplir ces actes barbares (…). Nous appelons à la mobilisation et la responsabilité de tous pour venir à bout de ce problème d’insécurité», avait alors réagi le Collectif des Français d’origine indienne de Madagascar (CFOIM) dans un communiqué.

Plus directs et incisifs dans leur communication, des opérateurs économiques ont récemment signé une tribune commune pour alerter les gouvernants. «Les enlèvements sont devenus un véritable business d’une mafia dont les ramifications sembleraient atteindre les hautes sphères du pouvoir militaire et  politique, créant une situation de terreur nationale. Si de hautes personnalités censées nous gouverner ou nous protéger versent dans des pratiques aussi crapuleuses que criminelles, il y a lieu, non seulement de tirer la sonnette d’alarme, mais également de craindre le pire», soutient le groupement des opérateurs économiques. Et d’ajouter que «L’Etat, volontairement ou involontairement, a failli à deux de ses responsabilités régaliennes que sont la protection des citoyens et la mise en œuvre de la  justice».

D’ailleurs, même si le diplomate indien a fait savoir hier que la coopération entre Madagascar et l’Inde ne sera pas affectée par cette série de kidnappings, le fléau laisse quand même des traces.

Rakoto/Nadia

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