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Pérégrinations hebdomadaires : innocentes conjurations

A 12 mois des élections, la conquête du pouvoir suprême focalise tous les efforts des prétendants et de leurs troupes. Des signes indiquent que l’on s’engage dans une sorte de guerre dont l’argent reste certes le nerf, mais ne suffit pas à lui seul à assurer la victoire. Si tous les coups sont permis, encore faut-il se convaincre que l’on les distribue pour la bonne cause, et que la noble fin que l’on sert justifie les sales moyens dont on se sert. Dans cet ordre d’idée, noyer la véritable motivation de chacun, (le pouvoir pour le pouvoir), devient un impératif, aussi chacun et tous se dopent de « bonne mauvaise foi », procédé indispensable pour taire le peu de conscience qui pourrait subsister. Certains s’appuient sur une  formule simpliste aux vapeurs magiques : mettre leur égoïsme au service du bien pour tous.

 Et ça complote par ci, et ça conspire par là… Contre qui ? Contre la loi, contre l’Etat !… Non pour les faire disparaitre, mais pour les asservir et les utiliser en sa seule faveur. Méfiance et interprétation discursive apparaissent comme des guides de lecture indispensables pour déceler ce que cachent les stratégies qui dictent désormais propos et actes. Le cas devient en effet clinique lorsque les acteurs principaux de la vie publique établissent leur plan, tels des conjurés sans en avoir conscience, leur quotidien style Monsieur Jourdain de faire de la prose.

Evasion opportune du mercenaire Houcine Arfa

Qui manipule qui ? La faute originelle revient nécessairement à ceux qui ont engagé cet ex militaire, que l’on peut qualifier de mercenaire tant son embauche, son rôle, s’entourent de discrétion voire de secret, et que s’agissant de question de sécurité publique, d’argent public, l’opacité organisée autour ne peut que nourrir le mythe d’un recours au mercenariat. Que reprochent les employeurs à cet électron libre qui sans doute par gourmandise a tenté de manipuler les manœuvriers du navire ? Du confort douillet des palais, le petit malin s’est trouvé du jour au lendemain sur la paille humide des cachots.

Sa présence en ces lieux devenait-elle embarrassante, le chef d’accusation qui justifiait les poursuites présentait-il les faiblesses d’une affabulation ? Cette situation ne constitue pas une première dans les annales de la Présidence. Des agents secrets ou autres salariés des armes, ayant eu le projet d’attenter à la vie du Chef de l’Etat, la 2ième République en a connus, le schéma qui leur a permis de s’évader du pays ressemble aux circonstances inexplicables de l’évasion de Houcine Arfa, à la différence que celui-ci une fois

« élargi » organise scandale et accuse le pouvoir. Le pays a trouvé chaque fois la chance de se débarrasser des détenus étrangers qui dérangent, pour ne citer que les rocambolesques péripéties du feuilleton Mahmod Taki. Le pays perd la face, mais qui de ça s’en fait encore ? Demain nos hauts dirigeants en se promenant à travers le monde oublieront que derrière leurs pas sur le tapis rouge qu’ils foulent trainent des bruits de casseroles accrochées à leurs guêtres.

Timide journée pour un assainissement grandiose

Difficile d’en apprécier les résultats quand d’un côté les dithyrambes patentés ne tarissent pas d’éloges pour qualifier cette journée ou plutôt les initiateurs de cette opération, et qu’à l’opposé les critiques acharnés ne s’embarrassent pas de mots pour descendre en flammes le spectacle raté de gesticulations de petits bras manœuvrant des moyens lilliputiens pour raser une montagne géante de diverses immondices.

Il ne s’agit pas de nier les initiatives de quelques hauts responsables descendus sur le terrain pour donner le ton, mais qui même ayant retroussé les manches n’ont pu déblayer grand-chose avec de ridicules pelles et balais. Pour positiver il faut reconnaitre que cette journée a permis aux différentes autorités comme à la population d’avoir un aperçu de nos limites et de mesurer l’immensité de la tâche si l’on pose l’hygiène publique parmi les objectifs.

Condamnation des frères ennemis à une entente objective

La machine de disqualification est en marche. A tout seigneur tout honneur. Le pouvoir fait l’honneur à Marc Ravalomanana de le considérer comme le concurrent le plus redoutable, considération qui risque de produire l’effet contraire à ce qui est recherché. Les misères qu’on lui a faites à Toliara n’ont fait qu’apporter de l’eau au moulin de la stratégie de Ravalo à jouer la victime de jaloux puissants rivaux, la menace de son emprisonnement coïncidant dans l’actualité, arrive à point pour muscler son interprétation d’homme politique populaire mal-aimé par le pouvoir. Le pouvoir le pousse dans les bras de Rajoelina, autre candidat classé parmi les plus dangereux challengers. Avant le début du combat ces deux frères ennemis se voient dans un devoir de faire front uni pour éviter de tomber ensemble dans les chausse-trappes que leur réserve l’ennemi commun. Le rêve que berce cet adversaire est de parvenir à disqualifier les deux, seule hypothèse favorable puisque si l’un des deux seul réussit à s’aligner au départ il réunira à lui seul la puissance de feu des deux forces.

Léo Raz

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