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Chronique : que 2018 sonne le début d’une élévation vers moins d’injustice

Par elle-même la nature est injuste, selon le sort qu’elle réserve à chacun par essence les êtres naissent inégaux. L’être humain s’est formulé une vocation, celle de forger les conditions de vie au prix de ses efforts, en laissant le soin d’organiser le système et d’établir les règles de vie en communauté au sein de laquelle le sort l’a parachuté : société, famille, nation…

La société humaine a réussi et poursuit plus que jamais son évolution à vitesse de plus en plus rapide, mais en parallèle les inégalités survivent et se font de plus en plus criantes. Tous n’arrivent pas à suivre le rythme d’un modernisme qui adapte la cadence au tempo du chant « marche ou crève ».

Manifestement, à Madagascar nous sommes à la traîne. Que nous sert de crier et de culpabiliser ceux qui avancent et nous abandonnent sur la route parfois sans scrupule de nous écraser les pieds voire de marcher sur nos corps ? Posons-nous alors les questions, pourtant élémentaires, que nous avons depuis évité de nous poser ? A courir ainsi derrière les autres, à tenter de reproduire leurs schémas sans en avoir les vraies formules, que pouvons nous espérer ? En pareilles circonstances, alors que demeure pour chacun la recherche de son propre profit, toute forme de convention ne risque-t-elle pas de receler des dispositions de dupes ? Depuis plus de cinquante ans, tels des dératés nous nous essoufflons à courir derrière le mythe du développement dont nous n’avons même pas défini les contours, nous nous satisfaisant à regarder ce développement en ombre à travers les lumières que nous renvoient les pays qui n’ont rien de comparable avec l’état de l’environnement économique et social qu’est le nôtre. Ce ne sont ni les dirigeants qui se sont succédé au pouvoir, ni les actuels, ni leurs comparses qui en ont trouvé bénéfice, qui nous dissuaderaient de poursuivre dans l’erreur. Minoritaires ils sont, mais ils en ont tiré un max de profit. Il en est peut-être pourtant parmi eux quelques uns qui prennent conscience que leurs privilèges ne sauraient demeurer pérennes si une révolution de la vision n’intervient pas. S’ils n’y prennent garde en effet, une telle révolution, inéluctable, constituerait une menace pour eux, révolution à l’inverse une chance pour la population. Personne ne peut prédire ni le moment où elle se produira, ni la forme qu’elle épousera : indolore avec des fleurs ou violente en provoquant des victimes ? Il n’est pas interdit de souhaiter que pour répondre à l’idéal, le peuple profitera de l’élection présidentielle pour opérer sans douleur une révolution silencieuse en profondeur. Ça risque toutefois de faire mal à ceux qui ont déjà exercé la fonction, hier ou aujourd’hui. Au contraire des pronostics actuels qui font des trois derniers parmi ceux-ci les favoris de la prochaine présidentielle, les probabilités pourraient réserver des surprises : désormais averti le peuple leste d’un handicap ces EX : à leur avantage d’avoir acquis une expérience à ce poste correspond une mémoire de la population à avoir expérimenté le régime de leur gouvernance. En cela la population se conforme  à l’enseignement des anciens : les trois ? « mangidy efa nandramana ».

Halte aux promesses de développement ! On a certes accumulé du retard, mais à poursuivre de la sorte on risque de se fracasser dans un mur. En rapport à la fuite en avant actuelle, le temps pris pour réfléchir sur la forme de développement qui nous convient et qui surtout correspond à nos moyens n’est pas du temps perdu, sans évidemment zapper sur l’obligation d’avoir à composer avec les autres « la communauté internationale ».

L’objet principal de cette élection réside à trouver celui le plus apte à reconstruire les bases d’un Etat, un Etat fort s’entend, un Etat qui repose sur le droit. Cet Etat a tant souffert des chocs d’indiscipline qu’il est malade d’impuissance. Parlant d’indiscipline on se complait à relever les mille et une manifestations à la charge de la population. La forme d’organisation populaire s’approchant de l’anarchie tout en n’étant qu’une conséquence d’un dévoiement de l’autorité, quoique néfaste n’est pas pour autant aussi funeste que le sont les forfaitures commises à de hauts niveaux de responsabilité. Evidemment que les gens au pouvoir s’abritent derrière un prétendu état de droit. De droit il ne reste que lambeaux, ils en ont détricoté le tissu et continuent à le faire, soit en interprétant les lois à leur guise soit en adoptant de nouvelles taillées à leurs mesures. Les exemples ne manquent pas, pour s’en convaincre il suffit de  plonger dans l’actualité.

L’obligation de démissionner faite à un Président en poste qui fait acte de candidature pour l’élection à sa succession, indispose les gens au pouvoir. Ils souhaitent la disparition de l’article de la constitution qui dispose ainsi. A cette fin, deux fers au feu : l’ambition périlleuse de procéder à une révision de la constitution et le projet de loi électorale. Si d’aventure le référendum ne réussit pas, au moins se ménager une fausse sortie pour permettre un retour en zone, en aménageant une possibilité de réinstallation entre les deux tours, ce qui ôte toute nature et valeur à la démission. Une démission ne peut n’avoir d’effet que temporaire. Dans cette formule à imaginer les deux hypothèses on croule sous le ridicule. Pour le cas où le démissionnaire n’est pas qualifié au second tour on ne va pas réinstaller un Ex dont les électeurs ont confirmé le renvoi. Dans l’autre hypothèse quel sens aurait eu la démission au 1er tour si au second l’un des qualifiés peut à nouveau cumuler au rôle de maître de ballet avec celui de danseur-étoile ?

Que 2018 soit une année plus clémente et épargne de ces maudits spectacles, que 2018 soit une année entière favorable à l’éveil afin qu’en fin d’année le peuple vote en faisant preuve d’une dangereuse lucidité.

Léo Raz

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