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Chronique : Dans l’attente d’un malentendu

Il eut été étonnant de ne pas retrouver à travers l’achèvement des travaux de modernisation dans le terminal de l’aéroport d’Ivato la signature caractéristique apportée aux nouveautés et rénovations. Rien qui puisse apparaitre comme une réussite à défaut d’une révolution au moins d’un grand pas en vue de soulager les passagers à leur débarquement.

En charge de ces «travaux», si tant est que l’on puisse qualifier de travaux une redistribution de l’espace et les déplacements ou le rajout de quelques éléments du mobilier en fonction de cette nouvelle distribution, satisfaite d’avoir obtenu ce résultat l’entreprise Ravinala souhaitant sans doute que l’on en fasse l’article a dû inviter quelques journalistes pour constater de visu les transformations apportées. Dans la presse on en a eu l’écho : rénovation satisfaisante ! Malheureusement il reste que les circonstances et le climat d’un débarquement diffèrent du vécu du passager la perception que peut être celle d’un journaliste choyé et guidé à cette occasion. La réalité réserve tout un autre poème.

Trois branches de l’administration sont impliquées pour chacune exercer chacune son autorité dans le domaine dont elle a la responsabilité. Un service de santé s’assure de la bonne santé de chaque voyageur d’après les réponses écrites de celui-ci dans un questionnaire, la Police des Frontières filtre l’ensemble des passagers afin de contrôler leur véritable identité, et que ne se glissent pas des indésirables. Spécifique à Madagascar, nombreux voyageurs étrangers peuvent demander un visa une fois au débarquement alors que la réciprocité avec les pays d’origine de ces étrangers n’est pas. Enfin la Douane, et là une nouveauté, un scanner à la sortie. Une disposition supplémentaire pour resserrer les mailles du filet, encore que les trafics les plus dommageables à l’Etat se font ici dans le sens des exportations, pour ce qui concerne les importations l’entrée frauduleuse de marchandises à Ivato n’est que goutte d’eau en rapport à la contrebande organisée dans les ports.

Tous ces services sont bien installés à leurs postes, comme il se doit on finit par en oublier l’essentiel, les usagers. Qu’a-t-on fait pour leur confort ou au moins pour une meilleure fonctionnalité des infrastructures. Comme ailleurs on a prévu de mieux les parquer. Dans des allées en serpentins matérialisées par des bandelettes  de gros ruban enclenchées dans des poteaux métalliques déplaçables, on peut aligner en rang des personnes presque au nombre égal de celles debout en désordre qu’aurait pu contenir la même salle. Si tout se passe bien jusque là, les passagers à disposition des services administratifs, en retour pour la suite aucun gage en leur faveur pour que le protocole d’un débarquement en toute sérénité soit respecté jusqu’à la sortie. Qu’est-ce qui intéresse les passagers une fois qu’ils ont répondu avec satisfaction aux procédures administratives ? La possibilité de prendre au plus vite livraison de leurs bagages. Zéro pointé. Le voyageur pour son premier contact avec la réalité dans le pays, ne peut qu’être désagréablement surpris. Autour du tapis roulant sur lequel voguent les valises, les plus expérimentés des voyageurs justifient l’attente par des explications reposant sur une question de chances. L’attente peut aller jusqu’au-delà des 90 minutes. Expérimenter le confirme. A cet endroit les gens manquent spécialement de tolérance. Il est vrai qu’en considération du nombre de passagers que l’on «traite», le temps de débarquer les bagages de l’avion de les charger dans un container et de les acheminer vers le tapis roulant à quelques 200 mètres de l’avion ne requiert pas une heure et demie.

Les différents services de l’Etat, santé, police et douane, ont chacun un rôle particulier, mais ensemble ils ont une mission commune, quoique représentant l’Etat ou justement du fait de représenter le pays et la population, leurs agents tout en restant rigoureux ont un devoir de déployer à tout moment une opération de séduction. Dans le style d’un message : « vous arrivez chez nous, nous ferons de notre mieux pour vous donner satisfaction, cependant nous n’avons ni les moyens ni la disposition de chercher à satisfaire des caprices ».

Dès les premiers contacts on doit lever les malentendus que de part et d’autre certains pourraient vouloir entretenir.

Les malentendus, la population en connait des chapitres. Les artifices et le superficiel viennent souvent au secours du fond qui fait défaut, si bien que souvent le malentendu ne l’est pas tout à fait, il n’est que convention silencieuse. Cette complicité muette permet de sauver d’une fausse situation les apparences.

Léo Raz

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