Oops! It appears that you have disabled your Javascript. In order for you to see this page as it is meant to appear, we ask that you please re-enable your Javascript!
Flash
Préc Suiv

Madagascar il y a 100 ans : La hausse du zébu

On parle souvent du cheptel de Madagascar avec des détails plus ou moins précis selon les renseignements obtenus. Voici quelques indications qui ne sont certainement pas connues du grand public métropolitain.

Depuis la guerre, le commerce des bœufs de Madagascar a pris un essor exceptionnel, et de ce fait, le prix du bétail a suivi une hausse constante. Avant les hostilités, un zébu valait de 40 à 50 francs, 60 au maximum ; aujourd’hui, l’acheteur doit payer de 90 à 120 francs par tête, voire même 150 fr. et l’on nous assure que ce prix fut dépassé à la dernière foire d’Ankazobe.

Comme les propriétaires de bœufs sont presque tous indigènes, on peut en déduire que la guerre n’a pas été positivement néfaste à la situation de nos sujets malgaches dont quelques-uns sont devenus de vrais marquis de Carabas.

Du tac au tac

En dépit des lois Dalbiez et Mourier, il y a encore des embusqués, même à Madagascar. À ce sujet, voici la conversation que nous rapporte notre confrère les Petites Affiches de Majunga ; reproduite en sabir malgache, elle n’en a que plus de saveur.

Un des collaborateurs du journal se promenait en brousse quand il croisa un fonctionnaire qui se faisait traîner en pousse-pousse :

« un de ces fiers indispensables sursis de la classe 1904, dit notre confrère, membre de ce corps de fonctionnaires dont la mobilisation, loin d’en avoir diminué le nombre, l’a au contraire augmenté. »

Le « sursis » en question avait fait arrêter son boto pour demander sa carte à un indigène qui passait ; celui-ci, bien que noir, était un loustic dégrossi, aussi répondit-il hardiment :

« Toi ni en a vazaha, pourquoi na em… bêter nous autres ? n’en a gouverneurs, chefs canton pour y faire ça, pourquoi toi ni va pas em… bêter les Boches qui n’en a chez toi et lisser nous tranquille ici ? »

Ajoutons que ce Regulus à peau noire a été arrêté et mis en boîte, et comme la justice ne règne pas qu’en France mais aussi dans la Grande Île, le « sursis » a continué à jouir de son

« inaptitude au service ».

Le Courrier colonial

www.bibliothequemalgache.com

 

Les commentaires sont fermées.