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Chronique : Ici-bas, on écoute d’abord son corps

On fêtera bientôt les deux cents ans de l’introduction du christianisme sur les hautes terres centrales de la Grande île. En deux cents ans, le message des missionnaires est si bien passé que le nombre d’individus qui se disent chrétiens est tout simplement vertigineux. On en oublierait presque qu’il y a eu un « avant » et qu’il y a fort fort longtemps, à une époque qu’on qualifie aujourd’hui volontiers de période sombre, croire, ce n’était pas seulement croire en une révélation traduite par de brillants missionnaires.

Arrêtons-nous le temps de cette chronique sur l’incroyable succès d’un message qui a apporté des concepts originaux comme le paradis, le purgatoire, le péché ou la virginité (sexuelle, faut-il le préciser?) ; ou encore de curieuses assertions telles que « heureux les humbles ». En fins connaisseurs de la nature humaine, les missionnaires ont su traduire et envelopper les mots pour que le socle des valeurs qui tenaient lieu de credo il y a fort fort longtemps, soit ébranlé mais pas définitivement abattu au nom de la bonne nouvelle.

Si cette nouvelle approche de la spiritualité a contribué à nous rendre plus sensibles à la fraternité entre tous les humains, ce qui est appréciable quand on est humble parmi les plus humbles, nous restons perplexes devant l’énergie que déploient certains frères et sœurs originaires de contrées lointaines pour croire qu’ils sont essentiellement de purs esprits. Pourquoi diable faudrait-il maîtriser, jusqu’à les ignorer, les fonctions corporelles qui font de nous des humains de chair et de sang ? Cela dépasse notre entendement.

Chacun doit travailler à son élévation spirituelle, personne ne trouve à redire à ce noble dessein. Mais ici-bas, on écoute d’abord son corps et ses besoins si justement qualifiés de pressants. On éternue, on expectore, on éructe, on urine dès que l’envie s’en fait sentir parce que c’est bien la preuve que l’on est vivant, Dieu soit loué !

Kemba Ranavela

 

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