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Personnes handicapées : la confiance en soi, un gage de réussite professionnelle

Personnes handicapées :  la confiance en soi, un gage de réussite professionnelle

Marcellin Randrianaivo est handicapé des membres inférieurs. C’est un ébéniste faisant office dans le bas quartier de Tsaramasay. Selon lui, après 27 ans de métier,  la confiance en soi et la persévérance finissent toujours par payer. Interview.

. Les Nouvelles : Est-ce que vous êtes handicapé de naissance ?

– Marcellin Randrianaivo : Non. Je ne suis devenu handicapé des membres inférieurs qu’à l’âge de dix ans, des suites d’une maladie. Une situation qui ne m’a jamais permis de fréquenter normalement l’école. En effet, issu d’une famille défavorisée, j’ai dû abandonner les études et me résigner à mon sort.

. Qu’est-ce qui vous a poussé à devenir ébéniste ? 

– A l’âge de 16 ans, j’ai fabriqué des mini-voitures à partir de boîtes de conserve pour les vendre ensuite, afin de subvenir à mes besoins. Un grand menuisier, du nom de Radada, a un jour remarqué mes œuvres. Séduit, il m’a proposé de donner des cours gratuits d’ébénisterie à son atelier sis à Ankadifotsy. Selon lui, au vu de mes ouvrages, je suis doué pour devenir ébéniste. Et c’est à partir de là qu’a commencé mon aventure…

. C’est-à-dire…

– Cette aventure a commencé dès l’apprentissage. Je vous laisse imaginer mon calvaire pour joindre Ankadifotsy en partant de Tsaramasay, mon invalidité ne me permet de se déplacer qu’à l’aide de mes deux mains. A cette époque, je n’avais pas encore de fauteuil roulant. J’ai terminé le stage d’apprenti à l’âge de 20 ans. A défaut d’offre d’emploi à cause de mon handicap et cela malgré mes compétences dans la fabrication de meubles de luxe, j’ai dû toujours travailler à mon propre compte. Ce n’est que 20 ans après que j’ai enfin acquis une certaine notoriété dans le secteur de l’ébénisterie. N’empêche que je me suis fait toujours avoir…

. Comment cela ?

– A cause de mon handicap, je ne peux pas, par exemple, faire un prêt auprès d’une banque. Mon niveau d’études m’empêche en quelque sorte de bénéficier d’un financement. A cela s’ajoute les problèmes liés au recouvrement de mes produits auprès des clients, dont la majorité est des marchands de meubles. En effet, profitant de ma situation, ces derniers n’acceptent mes livraisons qu’à titre de vente-dépôt, tout en vendant, cependant, mes ouvrages a au moins le double de leur prix.

Par exemple, je cède un lit à deux places de palissandre comportant deux tiroirs à 700 000 ariary, alors qu’ils le vendent au moins à un million d’ariary. Et il faut encore attendre leur bon vouloir pour qu’ils me remboursent, même si le meuble est déjà vendu depuis plusieurs semaines. Ne pouvant faire mieux, je suis toujours dépendant d’eux. Or, il m’a fallu trois semaines à un mois pour fabriquer un tel lit.

. Dans ce métier, quelle est votre vision ?

– De trouver un partenaire ou un sponsor pour m’aider à monter une petite entreprise ayant pignon sur rue. Avec l’aide de quelques menuisiers pour la fabrication des ouvrages et leur assemblage, je n’aurai plus à m’occuper uniquement que de la sculpture qui fait ma renommée.

. Le message pour les autres handicapés ?

– D’avoir confiance en soi et de persévérer dans ce qu’on entreprend, même si le parcours est difficile. Grâce à ces principes et malgré les embûches, j’ai pu élever correctement mes cinq filles. Deux d’entre elles ont déjà leur propre foyer. Les autres suivent leurs études dont l’une est à l’université et les deux filles au lycée.

Propos recueillis par Sera R.

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