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Pérégrinations hebdomadaires : début de saison orageuse Des volées de bois vert

A un an des élections, en annonce d’une période instable, directs et coups bas font leur apparition. Les premières escarmouches donnent le ton d’une violence sans retenue qui menace d’une nouvelle  traversée de zone de turbulences le pays, épreuve dont se serait privée volontiers la population déjà chahutée par de rudes difficultés. Le clan aux affaires, celui de la « majorité » politique, sans ménagement aménage ses positions, alors qu’en face les opposants, composés de minorités plurielles, peinent à faire un assemblage  structuré pour donner élan et crédibilité à une  stratégie commune. La nature ayant horreur du vide, le vide étant double, celui que creuse une inepte gouvernance et celui de l’absence d’une efficiente opposition pour remuer de la torpeur, des forces inattendues ont apparu tels des francs-tireurs, et à la faveur des circonstances occupent la place sans économiser de rudes arguments pour accompagner de brutalalité les premiers coups destinés à secouer le cocotier.

Le silence, valeur ou vertu parfois un devoir
Le silence présente souvent le mérite de redoubler de valeur la vertu de l’humilité, évidemment lorsqu’il s’agit de couronner un bienfait. Sans besoin de compliments, normalement de lui-même le succès sanctionne une réussite. Dans le cas contraire, autosatisfaction et flatterie ne garantissent pas de gloire bides et échecs, à l’inverse elles prêtent davantage le flanc en alimentant les polémiques qui souvent mettent à nu la stérilité voire la duplicité de certaines initiatives et actions. Par les tentations de ce piège souvent pêchent les gouvernants. Légale voire de bonne guerre quoique de peu d’élégance, l’opération entreprise pour changer de tête à la tête du Sénat. A l’origine une erreur de casting sans doute due à cette fatuité à vouloir démontrer la puissance à retourner qui on veut et à narguer l’adversaire en exhibant les scalps des transfuges, par la suite une fébrilité en raison de cette erreur qui contribue à l’affaiblissement de position sur l’échiquier des élections. Corriger l’erreur relève d’une humilité à l’avouer, et lorsque l’on ne possède pas la vertu de l’humilité, le silence par sa valeur peut venir au secours. A manquer de cette qualité, on prend par des bavardages le risque de raviver le feu des critiques. Les justifications par le biais du « Rendez-vous » ont privé du bénéfice de la discrétion le tour de passe-passe opéré à la Présidence du Sénat. Les Katos de leur côté aussi sont sortis du silence, l’Archevêque d’Antananarivo ne s’est pas privé de critiques comme pour donner le signal d’une estocade.

Une litanie de reproches
Dressant un état des lieux, adoptant un style identique à celui d’un huissier déclinant la liste des biens faisant l’objet d’une saisie, le prélat récite une litanie des maux qui accablent le pays : simple constat qui résonne pourtant comme une agression. Sans besoin de jeter le regard à travers une loupe pour grossir les traits de la réalité, il suffit d’observer la photo qui se dessine : une netteté témoigne de la pénibilité du quotidien que vivent les populations. Les maux ainsi révélés sans contestation possible, obligent celui qui dresse le tableau à dire les causes auxquelles il les attribue mais aussi à désigner ceux qui en ont la responsabilité.
Sans l’air d’y toucher, refusant à juger des individualités, Monseigneur Razanakolona ne s’embarrasse de rien pour mettre en accusation la corruption, fléau qui gangrène l’Etat et le pays. L’Etat est miné du fait que du sommet au bas de l’échelle du pouvoir le mal ronge les personnes dans leur globalité. A croire que ceux qui ne mangent pas directement de ce pain, se nourrissent du système. Le pays agonise ! Quelle leçon tirer ? La réponse est dans le vent. Du neuf, du changement ! Ce besoin réclame-t-il un assainissement de l’air, ou du sang neuf ? Les deux, Monseigneur ! Mais telle une obligation, auparavant une élévation de l’état d’esprit conditionne les chances d’un renouveau.

Léo Raz

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