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La peste à Madagascar (1930)

Où les Européens

et assimilés sont

officiellement considérés comme réfractaires

à la peste (2)

(Suite et fin.)

Évidemment, les membres de la mission se contentèrent de rigoler en guise de réponse car tous, sauf Maître Foissin, appartiennent à cette catégorie de Français de deuxième zone dits sujets.

Il fallut donc trouver un autre expédient pour pouvoir sortir légalement de ce cordon sanitaire spécial, établi uniquement pour les autochtones.

J’intervins alors en offrant de délivrer des certificats médicaux pour mes camarades, car je suis médecin.

Mais une question se pose d’elle-même : pourquoi le service de santé de la colonie a-t-il pris une pareille mesure sanitaire qui est à la fois absurde et criminelle et qui ne rime à rien ?

Je dis que c’est une mesure tout à fait absurde, car la véritable peste atteint tout aussi bien les Européens et les indigènes qui vivent ensemble. La couleur de l’épiderme ne constitue pas un rempart contre les maladies microbiennes.

D’autre part, je dis que c’est une mesure criminelle, car il se peut fort bien que des Européens ou des indigènes citoyens français atteints d’une peste pulmonaire, par exemple, voyagent dans une même auto avec des indigènes munis des certificats médicaux lesquels, on le sait, ne constituent pas des garanties contre le danger de contamination. Bien entendu, on leur permettra tous de franchir le cordon sanitaire, les Européens et assimilés à cause de leur statut politique, tandis que les indigènes, en raison de leurs certificats médicaux. Donc, il peut s’en suivre un triple crime !

1er crime : c’est de laisser librement une personne déjà contaminée sortir d’un foyer de peste, parce que cette personne est censée réfractaire à la peste à cause de son statut politique ;

2e crime : c’est d’exposer au danger de contamination des indigènes crédules auxquels ont fait croire officiellement que le contact avec les Européens et assimilés provenant d’un foyer de peste n’est pas dangereux et que la vaccination anti-pesteuse est efficace pour protéger contre la peste.

3e crime : c’est de laisser une population indemne se mettre en contact avec des personnes munies des certificats médicaux mais déjà contaminées par des Européens et assimilés atteints de peste.

Ravoahangy.

L’Aurore malgache

Vendredi 28 novembre 1930.

www.bibliothequemalgache.com

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