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Sénat : manœuvres anticonstitutionnelles

Sénat  : manœuvres anticonstitutionnelles

Sans surprise, les sénateurs ont plébiscité Rivo Rakotovao comme numéro un de cette institution, mardi dernier. Cette démarche est pourtant contestée par les analystes politiques.

De la dictature de la majorité. Un terme qui a vite trouvé son sens au Palais de verre à Anosikely mardi dernier. Et pour cause, les sénateurs HVM affiliés au parti présidentiel ont soufflé le chaud et le froid dans l’Hémicycle ces derniers temps. L’ élection du nouveau président du Sénat, le deuxième homme de l’Etat, en est l’illustration parfaite. Cette démarche est cependant sujette à des interrogations au niveau du respect des lois.

Le magistrat Herilaza Imbiki fait partie de ceux qui estiment qu’il existe plusieurs points d’interrogation à ce propos. Il va même plus loin car, selon lui, la nomination du sénateur Rivo Rakotovao n’est pas conforme à la loi. A ce titre, il rappelle que la Haute cour constitutionnelle (HCC) a affirmé dans l’un de ses «considérants» dans un arrêté en date du 30 mars 2017,  que la désignation du nouveau sénateur devait se faire avant la tenue de la prochaine session du Sénat. Et dans le cas d’espèce, la première session du Sénat s’est tenue le premier mardi du mois de mai 2017, donc le 2 mai 2017. «Par conséquent, la désignation du nouveau sénateur Rivo Rakotovao le 12 octobre 2017 intervient largement après la prochaine session évoquée par la HCC et est donc inconstitutionnelle et illégale», a-t-il indiqué dans une note partagée sur les réseaux sociaux.

Démission et/ou retrait 

Pour ce qui est de la démission du président du Sénat Honoré Rakotomanana, il estime par ailleurs que l’état de santé de celui-ci ne peut nullement être considéré comme un motif de démission. «Si l’état de santé permet encore de garder les facultés intellectuelles pour mener à bien sa mission (…), et s’il est encore apte à exercer ses fonctions, même s’il y a eu dégradation de son état de santé, l’état de santé du Président Honoré Rakotomanana ne peut nullement être considéré comme un motif grave de démission», a-t-il plaidé. Toujours est-il que depuis la nomination de l’ancien ministre auprès de la Présidence en charge de l’Agriculture et de l’élevage au poste de sénateur, les manœuvres du parti présidentiel avaient déjà bel et bien commencé dans les travées du Palais de verre.

Juste après la démission du président sortant Honoré Rakotomanana, en tout cas, les sénateurs présents sur place ont tout de suite, mardi dernier, choisi de voter pour son successeur candidat unique et président du parti au pouvoir, Rivo Rakotovao. La seule voix discordante lors de la prise de parole précédant le vote vient du sénateur du parti «Miaraka amin’i Prezidà Andry Rajoelina (Mapar)», en la personne de Paul Bert Velontsara. Ce dernier estime que ni la «démission» (ou retrait, selon le terme utilisé par Honoré Rakotomanana, ndlr), ni l’élection d’un nouveau président du Senat ne figurait dans l’ordre du jour, après la conférence des présidents. Pour sa part, la sénatrice Olga Ramalason, issue du parti Tiako i Madagasikara (Tim) a dénoncé la célérité dans le traitement de ce dossier entre la démission et le scrutin pour déterminer son successeur.

En effet, dans la matinée, après la réunion du Bureau permanent, Honoré Rakotomanana a annoncé sa démission. «Ma décision a été prise après mûre réflexion et pour préserver le fihavanana et dans l’intérêt supérieur de la Nation» a-t-il annoncé. Il a aussi sollicité l’accélération de la procédure de l’élection du nouveau président de cette institution.

Rakoto

Quelques réactions

Célestin Randrianarivoninzandriny (Patram) :

« Pour des raisons d’ordre politique, le professeur Honoré Rakotomanana a décidé de ne plus occuper le poste de  président du Sénat. Nous pensons que c’est un geste louable de sa part. Il a décidé ainsi pour préserver la paix, le respect et le « fihavanana » au sein de cette Chambre ».

Fetison rakoto Andrianirina (RDS) :

« Dans la démocratie, c’est la majorité qui se partage le pouvoir dans la gestion du pays. On ne doit pas s’étonner de l’élection de Rivo Rakotovao. D’ailleurs, tous les dirigeants successifs ont suivi cette pratique. La leçon qu’on peut en tirer, c’est qu’il ne faut jamais placer sa confiance en une personne ou un parti ayant fait preuve  d’égoïsme et d’échec ».

 

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