Oops! It appears that you have disabled your Javascript. In order for you to see this page as it is meant to appear, we ask that you please re-enable your Javascript!
Flash
Préc Suiv

Pérégrinations hebdomadaires : du remuement pourvu que ça mousse

Sur un petit air d’opérette, on entreprend une opération de séduction et entame ainsi sans l’air d’y toucher une campagne électorale avant l’heure. Faute de réalisations convaincantes à se mettre sous la dent pour chanter sa gloire, le pouvoir semble avoir opté pour une stratégie de faire mousser à son profit tout événement qui se présente. Tout ce qui mousse ne fait pas nécessairement champagne, ça fait des bulles mais ça ne pétille pas ! On ne pouvait laisser passer l’événement de samedi dernier, les funérailles d’Albert Zafy, dans l’indifférence. Discours publics et déclarations privées (médiatisées) ont rivalisé de louanges, tous et chacun essayant de tirer à soi une partie du linceul de mérite dont on a enveloppé l’âme du défunt.
On ne peut pas dire autant de la visite de la Princesse Anne. Ceux qui y ont fait attention, reconnaissent le courage d’effectuer cette visite en cette période où l’on s’inquiète à raison de la propagation de la peste que les pouvoirs publics peinent à juguler. Evidemment,  malgré les prétentions à vouloir le faire croire, ce n’est ni dans une sympathie particulière à l’endroit du couple présidentiel, ni dans une volonté de reconnaître un quelconque mérite à la gouvernance qu’il faut chercher les raisons de ce geste d’amitié. Geste qui prend encore plus de profondeur à cause des circonstances mais qui en retour a eu moins de relief.
Pour l’instant, la population est plongée dans ce climat pesteux. Condition qui n’empêche pas la poursuite d’une guéguerre autour du projet de révision de la constitution. Si en ces conditions poursuivre cette bataille parait aussi surréaliste qu’indécent, des deux côtés on craint qu’un relâchement des efforts ne contribue à faciliter soit un passage en douceur du projet effectué par le camp adverse, soit son enterrement sans honneur que réussiraient les opposants.
Mine de rien, mais situation mal vécue par la population, l’Etat mène actuellement le combat sur deux fronts.

Contre la peste, une lutte à l’état larvaire
La solidarité internationale se manifeste autant avec spontanéité que de façon davantage concrète qu’en intention. Organisations internationales et pays amis y vont comme ils peuvent, les uns par l’envoi de dons, les autres avec un soutien sur terrain par la présence d’équipes ayant des missions techniques. Inutilité de faire grand cas des appréhensions malveillantes qui craignent à l’avance une évaporation partielle des dons avant que ceux-ci ne profitent réellement aux destinataires. Par elle-même la peste constitue une réelle menace pour la population sans exclusive, mais elle représente aussi un danger pour les gouvernants. La lutte est diffuse. Les dégâts humains pour l’instant ne concrétisent pas le bilan d’une catastrophe, mais non seulement si l’on n’en jugule pas la propagation, ce bilan risque de le devenir et de surcroît à moins de se cloitrer de façon étanche chez soi personne n’est à l’abri. Des caractéristiques ne faisant que contribuer à propager de la peste l’image d’une perversité. Lorsque des pervers se baladent à l’air libre dans la société, les gens ont tendance à accuser du même défaut doublé d’incapacité le pouvoir impuissant à les protéger. Tel est le sentiment qui domine actuellement. Certes on ne peut attendre des efforts entrepris des résultats spectaculaires immédiats, mais de l’avis de certains observateurs avertis, telle la représentante de l’OMS, il est des signes qui prêtent à ne pas désespérer, en se gardant bien de croire prématurément en une victoire.
Malgré cette lueur, dans le public des petites gens comme dans la population dans son ensemble, nombreux déplorent que l’on n’ait pas déclaré une trêve du combat politique, peut-être en cas de danger national disposition plus impérative encore que celle des confiseurs. C’est mal connaître la classe politique locale, nombre d’entre les acteurs qui y baignent tentent de trouver salut pour avancer leur bille à la faveur d’une période de trouble. Observer une trêve aurait retardé davantage la procédure relative à la révision de la constitution, ôtant ainsi toute chance de l’opérer avant les élections de 2018.

A défaut d’une césarienne, un plan B
Les chances d’enfanter à la va-vite une révision de la constitution diminuent avec le temps. Le timing pour l’entreprendre résulte peut-être simplement d’une stratégie à vouloir prendre par surprise et l’opinion et les éventuels opposants à la révision. Dans ce petit calcul on a omis de prendre en considération l’obligation de tenir les élections selon le calendrier établi, pensant pouvoir reculer les échéances à son unique gré. Maintenant que la réalisation de cette hypothèse s’avère impossible, il a fallu se résoudre à improviser un plan B, avec le risque qu’encourt tout recours à une improvisation. Le président démissionnaire, pour être candidat à sa succession, appréhende que sa popularité ne suffise pas d’elle seule à lui assurer un succès. Comme gage d’un coup de pouce, une pleine confiance en celui qui assure l’intérim semble indispensable. Il a pour ça un ami-copain-compagnon depuis les bancs de la faculté. Si tôt pensé le plan B est en marche. Un peu trop rapide peut-être, la machine semble aussi rapidement se gripper. Le doute est un poison redoutable. Les humiliations infligées à ce compagnon par des rétrogradations dans la hiérarchie gouvernementale, ne serait-ce que par le retrait de son titre de ministre d’Etat, n’auraient-elles pas laissé des traces qui le tenteraient de prendre de petites revanches ? Se mettre à la place du copain risque de ne pas rassurer davantage, au contraire ! On se connaît mieux que l’on ne connaît les autres.

Léo Raz

Les commentaires sont fermées.