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La peste à Madagascar (1921)

 La peste (1)

Lorsque cette phrase : « La peste est à Tamatave » est prononcée en dehors de notre ville, immédiatement s’évoque la vision de gens affolés, de rues désertes, de boutiques fermées, de charrettes pleines de cadavres, d’ensevelissements à la hâte, et de tout le tableau dramatique qui accompagne le passage d’une épidémie de peste.

Or, nous nous rappelons bien qu’il y a deux mois, la situation sanitaire de Tamatave était épouvantable : les décès survenaient coup sur coup, et pourtant, nous n’avions pas d’épidémie. Au contraire, ces derniers temps, les décès d’Européens et assimilés sont devenus rares, ce qui faisait dire à un Tamatavien : « Je trouve que la situation sanitaire s’est considérablement améliorée depuis que nous avons la peste. »

Ne nous hâtons pas cependant de crier victoire, car nous ne pouvons pas présager le dénouement de cette épidémie qui, à part 3 ou 4 cas, n’a jusqu’ici touché que des indigènes. En réalité, elle a fait son apparition il y a déjà 3 mois, et ce n’est que ces derniers temps qu’on l’a signalée, depuis que des non-indigènes ont été atteints ; autrement, elle n’aurait peut-être pas attiré l’attention.

On dit que le point de départ de l’épidémie serait dans la maison de l’adjudant-chef où des cas antérieurs ont été constatés à des époques déjà lointaines. Mais on oublie que ce n’est là ni le premier cas ni le premier décès, et que les cas qui se produisent ne vont pas de proche en proche, mais se déclarent successivement dans des endroits fort distants les uns des autres : Tanambao, Pointe Hastie, Ambodimanga, rue du Commerce, rue Nationale. Les uns disent qu’elle vient de l’étranger avec des rats logés dans certains produits ; les autres qu’elle existait à Tamatave depuis de longues années et qu’elle s’est réveillée à présent. Chacune de sa version a sa part de vraisemblable.

Dans tous les cas, on s’accorde à dire que pour une peste ses ravages ne sont pas bien terribles ; ils sont encore bien moins rapides que ceux de la grippe espagnole qui sévit ici il y a deux ans. Or une épidémie de peste dans l’espace de temps que dure la nôtre enlève d’ordinaire une partie de la population.

(À suivre.)

Le Tamatave

Mercredi 16 mars 1921.

www.bibliothequemalgache.com

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