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Irresponsabilitait

Irresponsabilitait

Il est un fait qui interpelle tout autant, si ce n’est plus, que les statistiques de l’évolution de l’épidémie de peste qui balaie actuellement le pays : le niveau de responsabilité des uns et des autres dans la gestion de ce qui est devenu une véritable crise sanitaire ou, du moins, la représentation que chacun s’en fait.

Cette notion de responsabilité serait-elle ainsi devenue toute relative lorsque, au lieu notamment de signaler l’existence de cas de peste, au risque jouer les alarmistes et d’entamer de suite les actions de sensibilisation et de prévention de masse, le ministère de la Santé a préféré garder un silence presque fatal ? Si les chiffres ni les morts ne parlent pas, la barre des 100 décès largement franchie depuis les premiers cas de peste relevés au mois d’août, s’avère plus qu’éloquente. Puis, durant de longues semaines, et alors que la population se ruait vers les pharmacies où les médicaments à base de cotrimoxazole puis les cache-bouche s’arrachaient à tours de bras, vide sidéral du côté des autorités sanitaires… Il aura fallu attendre l’émoi et l’intervention des partenaires et bailleurs étrangers pour qu’elles daignent enfin organiser une riposte : mise en place d’une cellule dédiée à la lutte contre la peste, déploiement d’équipes sanitaires mobiles, report de la rentrée scolaire…

Car de l’avis du ministère de l’Education, il a fallu effectivement refermer les portes des écoles fraîchement rouvertes après les grandes vacances afin d’éviter une propagation en milieu scolaire. Mais les vacances de peste auront été trop longues au goût des responsables des Ecoles catholiques d’Antananarivo qui ont pris la responsabilité de reprendre les classes cette semaine, avec les mesures sanitaires qui s’imposent. Ce à quoi le département de l’Education a rétorqué que ces écoles catholiques ont pris cette décision à leurs risques et périls, une manière à peine voilée de dire qu’il se déresponsabilise, voire ne lèvera pas le petit doigt en cas de problème… En tant qu’autorité de tutelle de l’Education, si cela n’est pas une fuite de responsabilité, cela y ressemble.

Que dire enfin d’un ministre du Tourisme qui, dans un accès de zèle et voulant sans doute trop bien faire, outrepasse le cadre de ses responsabilités en décrétant la fin de la peste dans la ville de Toamasina ?

Selon les cas, le silence n’est pas forcément d’or et le déni de responsabilité décrédibilise. Tous l’auront sans doute appris à leurs dépens… ou pas. Quoi qu’il en soit, il s’avère plus que regrettable qu’à l’image de l’épidémie de peste qui fait rage, l’irresponsabilité semble tout aussi contagieuse.

N.R.

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