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Réunions et manifestations publiques interdites : l’Etat se contredit

Réunions et manifestations publiques interdites  : l’Etat se contredit

Alors que tous les rassemblements publics sont interdits pour endiguer l’épidémie de peste, le gouvernement continue de rameuter la foule pour assister aux diverses réunions qu’il organise. C’est le cas du Forum de la diaspora et le débat public sur la Constitution.

Deux poids, deux mesures. C’est la réaction de la plupart des observateurs face à la décision du gouvernement de maintenir les réunions et autres rassemblements publiques dont il est l’ initiateur. Le Forum de la diaspora qui se déroulera à partir de ce jour à Andohatapenaka, ou encore le débat publique sur la Constitution de demain sont en effet la preuve que les manifestations publiques peuvent bel et bien se tenir. Une contradiction qui n’a pas non plus échappé aux acteurs politiques. «L’Etat peut organiser des manifestations publiques, mais pas les autres. Est-ce à dire que la peste ne touche pas l’Etat ? », s’interroge le député du Ve arrondissement Guy Rivo Randrianarisoa, joint hier au téléphone.

Ihanta Randriamandranto, son collègue au sein d’une même famille politique, épouse aussi cette idée. «Dans ce pays, il existe toujours des situations où le traitement deux poids, deux mesures persiste. Des mesures sont prises seulement pour certaines personnes et d’autre part on impose d’autres règles qu’on n’applique même pas», a-t-elle réagi. D’après elle, «Les règles devraient être les mêmes pour tous». Et elle d’ajouter, «Le fond du problème, c’est qu’il faudrait que le gouvernement prenne des décisions pour éradiquer la peste».

Une mesure pas encore levée

La décision d’interdire toutes les manifestations et les réunions publiques a été prise par le gouvernement suite au décès d’un entraîneur de basket-ball seychellois en septembre dernier. Une réunion extraordinaire dirigée par le premier ministre Olivier Mahafaly s’est alors tenue à Mahazoarivo pour décider des plans d’action à mener contre la prolifération de la maladie, dont l’interdiction des réunions fait partie. S’ensuivit l’arrêt provisoire de l’enseignement au sein des établissements publics et privés. Jusqu’ici, cette mesure n’est pas encore levée. Tandis que les organisateurs d’évènements sportif et culturel ont choisi de suivre cette décision à la lettre, le gouvernement a, paradoxalement, décidé de passer outre ses propres instructions.

Voulant sans doute prendre les devants face aux critiques, le ministre de la Communication et des relations avec les institutions, a tenté de défendre l’indéfendable hier lors d’une conférence de presse.  «Des mesures préventives ont été prises afin de limiter les risques de propagation de l’épidémie de peste durant ces trois jours de rencontre dont l’identification des participants», a-t-il plaidé, faisant référence au débat public sur la révision constitutionnelle et en notant que tous les participants ont été invités à remplir une fiche individuelle qui permettrait de les identifier et de faciliter leur prise en charge en cas de contamination . Un plaidoyer peu convaincant dans la mesure où l’Etat n’a pas pris la même disposition concernant les autres réunions publiques.

Rakoto

(Photo d’archives)

 

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