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Chronique : que vive la République !

Les années passent et le constat est le même. Le 14 octobre est une date qu’on connaît mal. Et pour cause, plutôt que les dates, nous retenons les noms des présidents qui représentent telle ou telle période de l’histoire de notre jeune République. La Première République ? Philibert Tsiranana et le néocolonialisme. La Deuxième République ? Didier Ratsiraka et l’échec de la malgachisation. La Troisième République ? Albert Zafy et la motion d’empêchement. La Quatrième République ? Hery Rajaonarimampianina et, à ce jour, l’épidémie de peste. Cette triste énumération ne plaide pas en faveur d’un jour festif pour la célébration d’un glorieux 14 octobre. L’option d’une commémoration solennelle n’est pas plus souhaitable, on pourrait malheureusement l’associer à une veillée funèbre.  Dans le doute, on a choisi le moindre mal : le 14 octobre croupit au fond des oubliettes de notre mémoire nationale.

Il y a un an, le 19 octobre 2016, Marie Eliana Bezaza, secrétaire général du PSD, adressait au Président de la République une proposition de son parti pour faire du 14 octobre une fête nationale. L’idée est excellente mais portée par le parti que la mémoire collective liera toujours à la Première République, et partant, au néocolonialisme, elle restera sans doute encore très longtemps au chapitre des intentions louables.

Dans la proposition du PSD, Marie Eliana Bezaza soulignait que «si nous pouvons critiquer et même renier le 14 octobre, c’est bien parce que nous sommes en République. La liberté de penser, de critiquer, de refuser, de s’exprimer, c’est bien un cadeau que nous offre la République». On a très envie de la croire. Mais cela demande un effort considérable dans un pays où on n’hésite pas à proposer la prière comme mesure de prophylaxie et où on préfère inviter à sa table un exorciste patenté plutôt qu’un diabolique franc-maçon.

Vive la République.

Kemba Ranavela

 

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