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Madagascar il y a 100 ans : l’après-guerre (1)

L’avenir de la France est dans ses colonies.

Cette vérité finit par se faire jour et par pénétrer les masses qui, jusqu’ici, s’étaient montrées indifférentes et même hostiles à toute idée de colonisation.

Mais d’un mal allons-nous tomber dans un pire ? Après avoir eu à se défendre contre une aveugle hostilité, les colonies auront-elles maintenant à se prémunir contre un excès de zèle et d’affection irraisonnée qui pourraient leur être tout aussi funestes que l’hostilité d’antan ?

Ce sera donc un impérieux devoir pour nous, vieux colons, qui avons acquis à nos dépens l’expérience coloniale nécessaire, de redresser les fausses idées que nos nouveaux amis pourraient mettre en avant dans leur excès de zèle, et de leur indiquer de quelle façon ils peuvent le plus efficacement coopérer au développement de nos colonies, et en particulier de Madagascar.

Avant toute chose, il faudrait supprimer, – ou à peu près, – les bureaux du ministère qui, de loin, les yeux fermés, et avec l’insouciance de ceux dont la responsabilité n’est pas en jeu, dirigent au petit bonheur nos affaires coloniales.

Il faut donc supplier nos amis nouveaux de mettre toute leur influence à obtenir d’abord pour notre Gouverneur Général la plus grande indépendance dans l’Administration de la Colonie. Il possède, – heureusement pour nous, – l’expérience, l’intelligence et la fermeté de caractère voulue pour prendre une initiative et en assumer la responsabilité. Et tout cela serait laissé à l’appréciation, au bon vouloir et à la lenteur proverbiale d’un bureau quelconque qui ne connaîtrait les besoins réels de la colonie qu’à travers les brouillards

de la Seine ? La moindre logique fera répondre qu’il ne devrait pas en être ainsi. Et cependant…

C’est à cette manière de gouverner qu’est due l’incohérence dans laquelle Madagascar se traîne. Pas de plan d’ensemble pour les travaux d’utilité publique ; pas de grands projets, pas d’unités de vue.

Les travaux accomplis jusqu’à ce jour l’ont été par petits paquets, pour ainsi dire, et par suite ils ont demandé dix fois plus de temps et de capitaux qu’il n’eût été nécessaire si, dès leur conception, ils avaient été franchement étudiés et résolument entrepris.

(À suivre.)

Le Tamatave

www.bibliothequemalgache.com

 

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