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Madagascar il y a 100 ans : les pois du Cap (2)

(Suite et fin.)

Ah ! si un colon à court d’ouvriers avait l’audace de demander pour le tirer d’embarras le concours de cette main-d’œuvre militaire ou pénitentiaire !… comme il serait bien reçu !!!

Des jardins publics avec des bancs, cela se comprend pour permettre aux gentes ramatoas et aux botos non moins élégants de s’y ébaudir le soir, car au grand jamais, un vazaha n’y mettra les pieds.

Le Tamatave

Le soudeur de la reine

Aujourd’hui l’ouvrier – spécialiste surtout – est le roi du pavé et peut poser ses conditions. Pas de salaires trop élevés pour lui ; ses désirs sont des ordres. Pourtant, il existe encore une hiérarchie dans cette nouvelle noblesse des «gueules noires» et le spécialiste «maître par-dessus tout», comme on disait au bon vieux temps, c’est le spécialiste soudeur.

Nous ne relèverions pas ce point d’histoire si le métier de soudeur (comme autrefois le métier de verrier) ne conférait la noblesse à qui l’exerce… dans la Grande Île.

Un officier supérieur, grand technicien et attaché à la direction du matériel de guerre, rapporte le fait suivant :

Alors qu’il séjournait à Madagascar, il eut besoin d’un soudeur et fit demander le plus proche. Celui-ci, un Hova, arriva coiffé d’un gibus et drapé dans un châle éclatant, suivi d’un personnage de moindre importance. Le premier était le maître-soudeur, mais comme il ne soudait pas lui-même, il amenait son ouvrier.

L’origine de la grandeur du soudeur est assez curieuse.

Jadis, il y a longtemps, un blanc avait démontré au roi des Hovas les principes et les avantages de la soudure ; estimant cette nouvelle connaissance aussi précieuse que celle de la pierre philosophale, le roi décida de ne pas multiplier les apprentis dans ce métier et d’en faire un sacerdoce… dont devait bénéficier le Trésor royal. En effet, quand nos troupes entrèrent dans Tananarive, on apprit que nul ne pouvait être soudeur sans l’agrément de la Reine qui recevait du postulant de royales… épingles.

Aujourd’hui même, après vingt-deux ans d’occupation française, le métier de soudeur se transmet de père en fils, et un respect très grand entoure – comme autrefois – cette profession de «magnian».

Le Courrier colonial

www.bibliothequemalgache.com

 

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