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Pérégrinations hebdomadaires : simple bachotage pour une Révision

La situation actuelle exige à l’évidence que l’on procède à un changement. Pour y parvenir on ne peut exclure la nécessité de réviser la constitution tout en reconnaissant que cette révision ne saurait faire à elle seule l’essentiel et ainsi ne constitue pas la première des priorités. Isolée comme elle est, excluant tout débat, la formule de révision apparait toute nue impudiquement vêtue d’incongruité. Les défenseurs de cette initiative, aussi ingénus que se voulant rusés, tentent vainement de l’habiller d’arguments destinés à être tranchants, mais avec du tissu de voilage on ne peut espérer tendre un épais rideau pour cacher l’arrière cuisine. Très vite le voile se déchire, et dévoile la préparation d’une rata à la place d’un festin que l’on dit vouloir servir. Même s’il ne faut que s’arrêter à la révision de la constitution, il est bien des points autres que le Fokontany et qu’un détail dans le processus de l’élection présidentielle, qui méritent réflexion, et lors même que l’on admettrait que ces deux points nécessitent urgence toute tentative de les traiter en dehors de leur contexte (l’une hors du contexte de la décentralisation, l’autre extraite de l’ensemble des lois électorales) vouerait l’aventure à un échec.

Fokontany

Improvisation gage de ratage de la révolution  

Reconnaitre le fokonolona comme cellule de base de la société et faire du Fokontany un focal d’administration de proximité constituent de vieilles lunes dont le débat ne s’est pas achevé. Il faudrait remonter au projet ambitieux Ratsimandrava pour relancer réflexion et débat. Une brusque illumination d’un génie, si inspiré voire illuminé soit-il, ne saurait à elle seule éclairer la question sous tous ses aspects. Le rôle qu’aurait pu jouer le fokontany pour circonscrire dernièrement l’épidémie de peste, si édicté de façon péremptoire qu’il fut à l’occasion des rendez-vous du président, non seulement prête à discussion mais révèle une vision limitée comme à travers une lorgnette. Considérer le sujet hors du contexte général de la décentralisation, limite la portée de la solution que l’on propose, à moins que l’on ambitionne en même temps de mettre en relief  les vices qui hypothèquent actuellement toute efficacité au système de décentralisation.

De toujours depuis l’époque Ratsimandrava la question des fokontany s’est posée sans qu’aucun de ceux qui se sont succédé au pouvoir n’ait accepté d’en ouvrir un vrai débat, tous n’ayant eu de souci qu’à les utiliser comme relais à leurs bottes le seul but électoral. Les fokontany malgré les charges qu’on lui a octroyées n’a vécu que des situations ambigües, en déséquilibre entre le pouvoir central représenté par le Chef de district et l’autorité locale décentralisée, le maire. Malgré la proximité auprès de la population l’exécutif du fokontany en raison d’une confiscation de la démocratie par le mode hypocrite de désignation n’a pas pu faire bénéficier les responsables d’une considération de légitimité pour assoir leur audience. L’absence de personnalité juridique n’a fait que brider les capacités des fokontany, n’eut été que l’incapacité à détenir une caisse de fonctionnement en leur nom.

Le rôle du fokonolona et le statut du fokontany ne peuvent être déterminés suite à une simple lubie. Le fokontany s’organise autour de la philosophie de la décentralisation, à des fonctions précises, doté des moyens adéquats, à une place définie, le tout structuré au sein de l’ensemble actuellement composé des régions et des communes. Une fois encore on se heurte à des régions qui n’ont d’existence que virtuelle. Région, fleuron du système de décentralisation, elle pédale en rétro, fonctionnant à l’inverse du principe de décentralisation : jusqu’à présent pas de représentants élus des collectivités territoriales, une autorité exécutive désignée par le pouvoir central, autant du reste que les membres d’un collège prétendument disposer du pouvoir de légiférer. De façon exotique on entretient (à grands frais) une division territoriale baptisée décentralisée en théorie, dans la pratique relais déconcentré du pouvoir central.

Alors il faudrait faire preuve d’un minimum d’objectivité, pour ne pas vouloir ramener sa fraise et prétendre jouer les docteurs miracles, capables à eux seuls de soigner les défauts de la décentralisation, malgré ces tares que l’on traine.

Morceau choisi à trancher

Parmi les défauts qui peuplent la constitution on manifeste la volonté de n’en prélèver que deux ou trois à corriger, de surcroit à l’intérieur même du dispositif faisant un tout pour gérer l’élection présidentiel on ne relève qu’un ou deux détails à extraire. Ces démarches justifient la présomption qui suspecte l’initiative de procéder à une révision de n’avoir qu’une vue partielle et de ne manifester qu’une volonté partiale. Point n’est besoin de souligner une sorte d’ingratitude à un texte qui a permis d’être élu, cette question est dépassée. Désormais le problème réside dans les dispositions qui entre autres difficultés menacent de handicaper les chances d’une réélection. Il fait bon de croire que le fait d’être au pouvoir (avec ou sans poussettes, style le coup de main de Dieu comme le prétendait Maradona) multiplie les chances de se trouver à inégalité avec les autres candidats. Donc la mesure obligeant à la démission rend difficile l’inégalité avantageuse ? Qu’à cela ne tienne ! Il suffit de l’arracher par une opération de révision. Les choses sont mauvaises lorsqu’elles gênent.

Peut-être que la disposition qui oblige tout président en poste de démissionner de sa fonction 60 jours avant la tenue des élections pour pouvoir faire acte de candidature, embarrasse l’actuel ou au moins son entourage et ses partisans.

Léo Raz

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