Oops! It appears that you have disabled your Javascript. In order for you to see this page as it is meant to appear, we ask that you please re-enable your Javascript!
Flash
Préc Suiv

Absence de culture politique : «La faute au cadre légal» dixit Sahondra Rabenarivo

Absence de culture politique   : «La faute au cadre légal» dixit Sahondra Rabenarivo

L’absence de culture politique peut aussi s’expliquer par les lacunes dans les textes règlementaires, comme les lois électorales, a souligné la juriste Sahondra Rabenarivo dans un courrier parvenu dans notre rédaction.

L’interview de l’économiste Franck Ramarosoana, dans notre quotidien du 1er septembre 2017, n’a pas laissé  de marbre les observateurs avisés de l’actualité politique à Madagascar, particulièrement la juriste Sahondra Rabenarivo. Dans un courriel intitulé «Propagande et réunion électorales», elle a tenu à réagir sur l’absence de culture politique dans le pays. D’après cette personnalité, «Une raison principale pour ce fait est que le cadre légal (électoral surtout) ne le permet pas».  Et pour cause, par le passé, les textes électoraux et leurs accessoires (loi sur les réunions publiques ou la communication) étaient spécifiquement conçus de manière à taire les débats démocratiques et favoriser les tenants du pouvoir.

Précampagne ?

Pour étayer son analyse, Sahondra Rabenarivo explique que limiter à 30 jours la période de la campagne présidentielle, 21 jours pour les législatives et 15 jours pour les communales, faisait partie d’un temps révolu où les moyens de télécommunications de masse ont été sous les commandes du régime.

Pendant les périodes électorales très restreintes, le monopole de l’Etat sur la télévision et la radio favorisait les chances des tenants du pouvoir. Alors que selon elle, d’aucuns s’accordent à dire que la réalité (technologique ou autre) dépasse les textes et qu’il est temps de les moderniser.  Mais malheureusement, le manque cruel de discussion ouverte et publique constitue un véritable obstacle. C’est le cas notamment sur le début de la précampagne relatée par les médias ces derniers temps. A chaque événement d’envergure à l’affiche, notamment les cérémonies religieuses, les acteurs politiques se mettent sur le devant de la scène  pour «charmer» les futurs électeurs.

A ce titre, il faut signaler que le rapport de la commission consultative sur les textes électoraux (publié sur le site web de la CENI) est exhaustif en soulignant simplement «une redéfinition en différentes périodes, bénéficiant d’un régime juridique différencié, des temps de la campagne électorale» ainsi que d’un «renforcement de l’encadrement juridique des moyens de propagande».

«Après tout, il existe une multitude de possibilités.  Qu’est- ce qui serait le plus adapté au contexte local et particulier de  Madagascar ?», telle est la question que se pose Sahondra Rabenarivo, qui se demande également s’il faut d’abord redéfinir la campagne électorale. «Ce n’est pas étonnant si les dirigeants et candidats éventuels cherchent à s’immiscer dans les rassemblements (notamment religieux) qui leur donnent accès à une audience captive, plus ou moins contrainte à les écouter, et une médiatisation autrement inaccessible.  Il n’existe pas beaucoup d’opportunités pour faire connaître, ni sa personne ni son programme», ajoute-t-elle.

«Réunion électorale»

En effet, d’après toujours ses analyses, la loi actuelle prévoit déjà, en application du principe que «Les réunions électorales publiques sont libres»,  que la tenue de réunions électorales est soumise à déclaration (et non à autorisation préalable). Elle dispose aussi que les réunions ne peuvent pas être tenues dans les édifices cultuels, lieux de travail, bâtiments administratifs et casernes.

Mais la loi devrait définir ce qu’est une «réunion électorale», qu’elle soit publique ou privée, si elle doit être annoncée par procédé de publicité commerciale, si elle peut être organisée avant l’ouverture de la campagne officielle, si elle doit se tenir dans un local clos, si elle peut être commune à plusieurs candidats et si le candidat peut inviter la concurrence à un débat contradictoire.

A noter que lors de son interview, réagissant aux actualités politiques, Franck Ramarosaona a souligné qu’actuellement, les politiciens sont tellement concentrés sur les élections à tel point que la vie quotidienne de la population semble totalement délaissée.

«Les politiciens et partis politiques n’ont aucune base idéologique solide mais cela n’est pas étonnant vu que la plupart ne sont pas passés par les écoles et n’ont pas reçu les formations adéquates, les politiciens manquent de militantisme et la culture politique est absente. D’autre part, les partis politiques n’ont pas de projet de société concret pour appuyer leurs argumentations et les opposants manquent de personnalité et se contentent de critiquer gratuitement».

Rakoto

 

Les commentaires sont fermées.