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Madagascar il y a 100 ans : comice agricole (4)

(Suite.)

Les membres du Comice déclarent que cette question, vitale pour la colonie, est sur le tapis depuis longtemps, – depuis toujours, peut-on dire, – sans qu’elle ait jamais été résolue.

Le Général Galliéni, colonial pratique avant tout, avait dispensé de l’impôt de capitation les indigènes travaillant pour le compte de colons. Mais, faute de dispositions pénales pour réprimer les fraudes provenant tant des indigènes que des colons eux-mêmes, cette mesure ne tarda pas à engendrer les plus graves abus et on dut l’abandonner.

Le successeur du Général Galliéni, en proclamant pour les indigènes le droit à la paresse, est venu aggraver la situation, au point qu’aujourd’hui, de l’avis unanime de tous les colons, l’avenir même de la colonie s’en trouve gravement menacé.

La paresse proverbiale des indigènes !… Cette question a été si longtemps ressassée qu’il devient fastidieux de la discuter encore. Une solution aussi radicale, aussi énergique et aussi rapide que possible s’impose, d’autant plus que la crise est arrivée à un point extrême d’acuité, par le fait qu’aujourd’hui nombreux sont les indigènes de 18 à 30 ans qui, tout en vivant à leurs crochets, passent leur temps à faire la cour aux femmes des mobilisés bénéficiant d’allocations.

Le Comice agricole à l’unanimité, ainsi qu’il l’a toujours exprimé, estime qu’il y a extrême urgence à ce que cet état désastreux cesse au plus tôt, et que les indigènes soient astreints à un travail régulier. Il est superflu de faire remarquer le développement considérable que cette mesure provoquerait dans la colonie. La race indigène elle-même, qui s’use et dépérit dans la débauche, s’en trouverait revivifiée. C’est donc là, avant tout, une question d’humanité.

Le Comice estime qu’une des mesures à prendre pour atteindre ce but serait d’imposer un livret individuel à tout indigène en état de travailler.

Ce livret, en outre des indications générales, nécessaires pour établir l’identité de son détenteur, mentionnerait la date de l’entrée et de la sortie de ce dernier dans les chantiers où il aurait été employé, mentionnant si oui ou non son travail a donné satisfaction.

(À suivre.)

Le Tamatave

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