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Pérégrinations hebdomadaire : l’élégance, idée revenue de mode

Il suffit de faire allusion à l’affaire Claudine Razaimamonjy pour que reviennent à l’esprit les péripéties rocambolesques qui ont émaillé le début d’un feuilleton dont les auteurs du scénario n’avaient pas imaginé le déroulement de la suite. Les épisodes ne reflètent aucune intervention du Président de la République, aussi dans les «rendez-vous du Président», les rédacteurs ont eu beau jeu pour souligner aujourd’hui que Hery Rajaonarimampianina «a montré toute son élégance laissant la Justice faire son travail jusqu’au bout» (sic). L’opinion même restant sur ses réserves, a au moins retenu le terme «élégance», signe d’influence de ce rendez-vous, même si souvent l’intérêt se manifeste surtout pour apporter la contradiction par des critiques quelquefois gratuites à d’autres fois pertinentes, depuis nombreux se piquent de faire dans l’élégance. A l’évidence chacun se fait de l’élégance sa propre définition, il en est même qui pensent qu’il suffit de se préserver de la crasse pour avoir de l’élégance.

Electricité : ambiance sous tension

Les mauvaises coïncidences surviennent lorsque l’on s’y attend le moins. Les stratèges de la présidence n’avaient pas prévu la mauvaise humeur de la population du secteur d’Itaosy au moment où ils ont établi dans l’agenda du patron l’ «inauguration» de la remise en fonction de la Centrale de production de Mandroseza. Le plancher était d’autant plus glissant que les laudateurs l’avaient savonné en voulant exploiter l’occasion pour en faire un événement propre à balayer et même ridiculiser la raillerie publique confuse d’avoir critiqué un peu tôt et à tort les promesses relatives aux délestages. Les propos tenus à cette occasion à l’Est de la cité tombaient à plat quand à l’Ouest à peu près à même distance de la ville, la population a envahi la rue pour manifester sa colère contre les coupures d’électricité.

Le Président avait heureusement un biscuit à sortir de son sac à malices, une baisse du prix de l’énergie électrique. L’utilisation du fuel-lourd diminuera le coût de production a-t-il plaidé en concluant que le bénéfice sera répercuté aux consommateurs. Chic ! Une baisse sur les hausses déjà appliquées et celles prématurément annoncées. Les annonces précédentes couvrent de flou l’élégance de la dernière promesse.

Couvrir de pourpre la justice

La Justice ne remplit pas le rôle que l’on attend d’elle. Elle apparait impuissante dans sa nudité. Les protagonistes se disputent pour la couvrir, chacun voulant la vêtir à sa manière. Tout le monde s’en mêle. De cette bataille de polochons l’un ou l’autre en sortira vainqueur mais quand seule la domination du système reste l’enjeu la Justice a peu de chance se s’en trouver grandie.

Des anciens, forts de leur expérience entrent dans la danse pour dire leur verdict et clouer au pilori le pouvoir, condamné comme principal prédateur opposé à l’indépendance de la Justice. Lieu commun qu’il eut été utile de rappeler par un tout autre personnage n’ayant pas occupé un poste au pouvoir surtout pas n’ayant eu en charge la Justice. Souvent l’élégance nécessite de la retenue,  et à défaut d’avoir de l’élégance c’eut été au moins faire preuve de sagesse que de s’abstenir de se répandre en conseil à propos d’initiatives que l’on n’a su prendre à des moments où on aurait dû et pu le faire.

Le problème reste entier et délicat. La justice traine un passé peu glorieux et a laissé des plumes et poils de l’hermine blanche dont s’ornementent les toges. Il ne suffit pas de décréter son indépendance pour que l’exercice de la fonction recouvre ipso facto pourpre, lustre, et crédit. Après tant de temps d’errance il lui faudra ainsi qu’à tout le personnel une longue période de réadaptation aux principes de rigueur et de rectitude.

L’habit fait le moine

pas nécessairement

l’élégance

Des vêtements du même bon faiseur n’habillent pas toujours avec pareille réussite une personne gracieuse même d’un physique peu avantageux et une brute épaisse d’un corps superbement sculpté. Le port témoigne de l’élévation comme il peut trahir la vulgarité. Actuellement l’approche des élections influence les comportements. Les potentiels concurrents, déclarés ou en embuscade, manifestent de si tôt une grande détermination. Une réelle fébrilité envahit les états-majors, nombre de collaborateurs expriment zèle et excès donnant l’impression qu’ils se préparent à une curée et adoptent parfois des manières de charognards. On se doute bien que chacun berce en fantasme une mauvaise chute des adversaires et à l’occasion s’imagine y donner un coup de pousse en tirant le tapis sous leurs pieds. Mais delà à sauter le pas par de viles initiatives on risque de davantage en perdre qu’à en gagner. Le couple Ravalomanana vient ainsi de marquer un point comme s’ils avaient poussé à la faute les zélés de la présidence. Même s’il ne s’était pas agi de l’ancien couple présidentiel, l’avoir jeté sans ménagement d’un hôtel où il était logé à Antsiranana, soit disant pour raison d’Etat, le Président et sa suite devant y descendre, constitue une manifestation détestable de l’usage de la puissance publique. Ce n’est pas par de telle manifestation détestable que l’on conquiert de la sympathie.

Léo Raz

 

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