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Madagascar il y a 100 ans : la main-d’œuvre indigène (2)

(Suite.)

Tous sans doute n’ont pas des allocations pour entretenir leur paresse, mais les propriétés voisines des « vazaha » sont là, complantées de manioc ou autres denrées, et si quelques pieds, chaque nuit, viennent à manquer à l’orée de la brousse, les sangliers sont là, pour charger avec ce méfait. Ils ont bon dos et ne protesteront pas.

Du reste, ici même, dans le village de Tanambao et jusque dans les rues de Tamatave, ne trouve-t-on pas, à tous les coins de rue, des groupes de Malgaches en pleine force, déambulant, solennellement drapés dans leur lamba de propreté douteuse ?

Si par hasard vous cherchez des ouvriers, ne commettez pas l’imprudence de vous adresser à eux, car vous seriez singulièrement reçu. Et cependant ils sont sans domicile fixe, et surtout sans occupation d’aucune sorte, mais ils ont payé « la carte », ils sont donc en règle avec l’administration, bien qu’ils soient loin de l’être envers la société pour laquelle ils constituent une charge et même un danger, car c’est aux dépens d’elle qu’ils vivent.

Sous les anciens rois

de l’Émyrne, les indigènes étaient astreints au travail ; aussi l’abondance régnait parmi eux. Mais M. Augagneur est venu, et malgré sa prudence et sa grande intelligence, croyant sans doute s’adresser à ses électeurs de la Croix-Rousse, il lui est échappé de formuler ce principe néfaste : Le Malgache est libre de ne pas travailler !

Cette formule a produit les résultats les plus déplorables et nous allons indiquer quels remèdes pourraient être apportés à ce mal.

Profitant de ce droit à la paresse qui lui a été reconnu, le Malgache en use et en abuse de la façon la plus déplorable et au grand préjudice de la colonisation.

Ils sont nos frères, ont bêlé quelques humanitaristes inconscients ; et nous ne devons former qu’une même famille. D’accord ; mais dans cette famille nous avons largement acquis le droit d’aînesse par plusieurs siècles de culture et de civilisation. Vouloir du jour au lendemain faire des indigènes, hier encore à l’état sauvage, nos égaux constitue une utopie, dont l’absurdité ne se discute même pas.

(À suivre.)

Le Tamatave

www.bibliothequemalgache.com

 

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