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Lutte contre le paludisme et la peste : des thésards de l’IPM développent de nouvelles stratégies

Lutte contre le paludisme et la peste  : des thésards de l’IPM développent de nouvelles stratégies

Les résultats de recherches de trois thésards de la Faculté des Sciences de l’université d’Antananarivo, accueillis au sein de l’Unité d’entomologie médicale de l’Institut Pasteur de Madagascar (IPM), devraient mener à réflexion sur la révision des stratégies de lutte contre les deux principales maladies endémiques dans la Grande île, à savoir le paludisme et la peste, qui demeurent des problèmes majeurs.

Formuler des perspectives de méthodes plus performantes pour lutter contre les vecteurs de ces maladies. Tel est l’objectif principal de ces investigations scientifiques, soutenues du 8 au 10 août, à l’occasion de la célébration des deuxièmes journées d’entomologie médicale de l’ IPM. Ce, via une bonne connaissance de la bio-écologie des insectes, la mise en place d’outils de surveillance des vecteurs ainsi que la connaissance des moyens de lutte appropriés.

A travers ses études sur l’«Evaluation de la bio-efficacité des outils de lutte contre les vecteurs de Plasodium à Madagascar : réalités et limites»,  le Dr. Sanjiarizaha Randriamaherijaona a apporté des pistes de réflexions pour améliorer l’efficacité des outils de lutte. Les moustiquaires imprégnées d’insecticide à longue durée et les pulvérisations intra-domiciliaires d’insecticide à effet rémanent sont nos principaux outils de lutte contre les moustiques. Et grâce à ces moyens, plus de cent mille cas de paludisme sont évités chaque année à Madagascar. Mais la maladie persiste sur l’ensemble du territoire et la recrudescence des épidémies est toujours à craindre durant la saison des pluies. Même durant l’hiver, la présence des vecteurs de la maladie est constatée. De plus, certaines populations d’anophèles vecteurs développent une résistance aux insecticides.

Pour assurer l’efficacité des moyens de lutte, des contrôles de la qualité des moustiquaires, suivant une méthode d’évaluation développée par l’impétrant, qui est plus rapide et peu coûteuse, contrairement à la méthodologie standard utilisée en laboratoire, ainsi que des pulvérisations intra-domiciliaires des insecticides utilisés, ont été menés. A l’issue de ces contrôles, le jeune docteur a pu identifier les moustiquaires imprégnées qui sont les mieux adaptées au contexte du pays.

Quant à Thierry Nirina Jean José Nepomichene, qui a fait des recherches sur la «Biologie d’Anophelescoustani et implications dans la transmission du Plasmodium et du virus de la Fièvre de la Vallée du Rift à Madagascar», il a suspecté que l’Anophelescoustani pourrait être un autre vecteur d’épidémie de paludisme, alors que cette espèce n’a jamais été la cible des actions de lutte.

Ce thésard a  découvert que ce moustique se nourrit et se repose principalement en dehors des habitations et pique en général entre 17h et 20h, moment où les gens sont encore dehors. C’est pourquoi cette espèce n’est pas ciblée par les actions de lutte habituelle contre le paludisme utilisant les moustiquaires et les pulvérisations intra-domiciliaires. C’est un constat préoccupant qui mène à la réflexion globale à propos de la révision des stratégies de lutte contre le paludisme à mettre en place dans notre pays.

Nouvel insecticide

Eradiquée dans d’autres pays du monde, la peste est une maladie endémique à Madagascar où des centaines de cas sont rapportés chaque année. Via ses études intitulées «Xenopsyllacheopis, puce vectrice de Yersinia pestis : évaluation de la sensibilité aux insecticides et nouvelles perspectives pour la lutte anti-vectorielle à Madagascar», Adélaïde Miarinajara a focalisé ses recherches sur la sensibilité des puces aux insecticides afin de pouvoir orienter le choix des outils de lutte adaptés.

Toujours est-il que des résistances des puces aux insecticides ont été observées et d’autres espèces de puce, auparavant non décrites comme porteuses de la bactérie pathogène, sont devenues candidates à la transmission de l’infection.

Selon les travaux de cette jeune chercheuse, un outil de lutte est dit approprié quand il est efficace, accessible, facile à mettre en œuvre, peu toxique et accepté par la population. L’objectif des recherches de la jeune entomologiste a été d’obtenir plus de connaissances sur les adaptations de la puce Xenopsyllacheopis aux insecticides habituellement déployés.

Ses travaux effectués sur le terrain, notamment au niveau de quatre villages de foyers pesteux, ont, entre autres, permis de proposer et faire adopter un nouvel insecticide aux autorités sanitaires au niveau national. Et pour la première fois, grâce à ses travaux, un gène connu lié à la résistance des puces à certaines molécules d’insecticide a été découvert chez une population particulièrement résistante de Xenopsyllacheopis de Madagascar.

Recueillis par Fahranarison

 

Une réponse à "Lutte contre le paludisme et la peste : des thésards de l’IPM développent de nouvelles stratégies"

  1. Candide  21/08/2017 à 09:27

    Quel admirable travail réalisé par des étudiants malgaches. Gageons que ces résultats inciteront des changements/améliorations de lutte comme dit par le journaliste .

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