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Chronique: les religions, niches prometteuses en pays pauvre

Les mutations du mode de vie ballottent les religions. Niveau de vie et pratiques de piété ont partie liée : bigoterie et amélioration du confort de vie varient inversement. Un tel constat n’ouvre pas nécessairement à étendre un rapport identique entre élévation du niveau de vie et élévation du niveau spirituel. On s’interroge toutefois, sur les difficultés à faire le plein des lieux de culte auparavant bondés dans les pays avancés, alors qu’à l’opposé églises et temples débordent de fidèles dans les pays de pauvreté. L’essor économique aidant, dans certains pays il est des bâtiments anciennement lieux de culte qui trouvent nouvelle vocation à se transformer en établissements de loisirs. A Madagascar la désaffectation d’un bâtiment pour un nouvel usage relève du mouvement inverse : les anciennes salles de cinéma se louent pour y dérouler des cultes. Le commerce de l’art ne nourrirait-il pas ses hommes, vendre des religions engraisserait-il mieux les promoteurs ? De tout temps la religion

a prêté aux églises occasion d’accumuler de richesses, l’exercice lucratif demeure mais ce ne sont plus les églises qui bénéficient des deniers dus au culte, les 10% des avoirs des ouailles vont dans l’escarcelle des fondateurs qui en disposent pour n’affecter qu’une partie au fonctionnement.

Dès que l’on touche au sujet religion la circonspection reste de mise aussi faut-il se méfier des faux amis, les pièges qui conduisent à des conclusions faciles. Ce n’est pas parce que les religions trouvent terre d’élection en pays de pauvreté qu’elles n’intéressent que les couches les plus pauvres. Ici, la religiosité constitue une référence sociale, il est de bon ton d’afficher une dévotion religieuse. Il serait cependant injuste de qualifier de faux dévots la majorité des croyants. Le souci d’objectivité oblige à ne pas juger sur les apparences. De coutume dans le pays on prête considération tant pour le fond que pour les apparences : croyance et crédulité cohabitent en toute bonne foi. Reste qu’en retour les croyants ne pratiquent pas toujours une égale charité chrétienne pour juger les mécréants, des hommes de peu de foi selon leur point de vue. La sévérité résonne dans le terme «sans foi» en français, en malgache, «tsy mivavaka» claque la résonnance d’un identique préjugé.

Léo Raz

 

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