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Pérégrinations hebdomadaires: à l’unisson sur le même ton

Pouvoir et opposition se retrouvent sur le même registre et chacun de son côté entonne le même air. La chansonnette n’est pas toute fraiche, une vieille rengaine, seule nouveauté pour retenir l’attention, la coïncidence du moment pour rééditer un disque rayé. Les uns et les autres sont en panne d’imagination, si tant est qu’ils en aient un jour possédée pour enrichir les pauvres idées, poncifs qu’ils ne cessent d’agiter comme des clochettes pour battre le rappel des chalands.

Aujourd’hui les deux camps s’accordent pour faire le même constat : l’enfer. Chacun de son côté se propose de sortir le pays de cet enfer, et ils se retrouvent à nouveau  à resservir la formule rayée d’avoir trop servi : paver la route des mêmes bonnes intentions. Morceau que connait bien la population pour en avoir expérimenté et pour continuer à y vivre cernée par les flammes d’affreuses difficultés au centre de ce grand feu qu’ entretiennent les promesses.

Vade retro ! Certains acteurs se plaisent à les renvoyer dos à dos, escomptant jouer les troisièmes larrons et tirer les marrons du feu, sans n’avoir de solution salvatrice autant que constructive à la place des mêmes bonnes intentions qu’ils enfourchent à leur tour.

Déclarations de guerre

De peur d’être le dernier à se positionner pour secourir le pays, le gouvernement se cabre de façon théâtrale afin de marquer sa détermination et ouvre les hostilités en désignant les ennemis : insécurité, inflation, corruption. Le public sourit sans applaudir le côté comique, c’est qu’il ne s’agit pas d’un spectacle, il joue pour du vrai même si ça peut sonner faux à certaines oreilles. Certes on peut s’interroger à bon droit sur les raisons de ce retard à l’allumage : la distance entre le nid d’aigle et le marais est-elle si importante que les informations tardent à parvenir au Chateau et à convaincre les gens d’en haut sur l’enfer que vit le peuple d’en bas. Mieux vaut tard confessent les apparatchiks, presque tous tentent de se défausser de leur responsabilité. Facile de montrer pattes blanches quand on n’a pas mis la main à la pâte pour remplir ses obligations. A l’exception des commissions d’infractions de corruption, le constat relève davantage des conséquences d’une inaction que des résultats d’action. Face au constat, même bombant le torse au moins savent-ils ce qu’ils ont à faire, dans l’affirmative pourquoi avoir tant attendu avant de manifester aujourd’hui cette détermination ?

En supplément pour ajouter au doute qui plane, un zeste de naïveté se mêle parfois aux déclarations, entachant la pureté du comportement passé. Désormais le maillage ne laissera plus sans poursuites les tripatouillages de deniers publics menace et promet en quelque sorte le Chef de l’Etat. Les esprits malins y décèlent un aveu implicite d’une tolérance auparavant pour des faits convaincus de gabegie, en avoir conscience implique en avoir connaissance, une bonne foi dans les engagements pour l’avenir ne suffit pas à exonérer de l’obligation d’entreprendre des poursuites à l’encontre des malfaiteurs du passé.

De leur côté nombreux opposants, faisant le même constat sur le présent, oubliant les boulets (de grosses boulettes) du passé qui les enchainent aux chevilles, se préparent en mémoire d’un certain 10 Août à faire tomber les « murs » pour reconstruire sur des ruines. La perspective n’enchante pas la population : la Mer qui s’ouvre sur une longue marche de ruines en ruines ne promet que larmes et sang, les gens estiment en avoir suffisamment versés et ne donneraient leurs suffrages qu’à une solution ouvrant sur une alternative autre que la formule d’une simple alternance dans la bousculade.

Incohérence dans la lutte en faveur du droit

Le combat que mènent les magistrats en faveur du rétablissement d’un régime de droit, a contribué à une prise de conscience dans l’opinion sur cette nécessité. De l’idée tout le monde s’empare en voulant jouer les premiers rôles et passer pour des parangons d’une rectitude de légalité. Toutefois y compris dans l’espace judiciaire des faits, initiatives et actes ne correspondent pas toujours à ce qu’attend le public. Entre autres faits d’actualité, deux décisions judiciaires concluant des affaires médiatisées ont interrogé par les condamnations prononcées : d’un côté un an ferme pour des questions de plusieurs milliards, de l’autre une lourde peine de cinq ans allégée par un sursis couvrant l’intégralité de la condamnation. Dans un cas comme dans l’autre l’opinion décèle une sorte d’incohérence pour régler  l’hésitation pour se faire une conviction balançant entre doute et certitude.

Léo Raz

 

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