Oops! It appears that you have disabled your Javascript. In order for you to see this page as it is meant to appear, we ask that you please re-enable your Javascript!
Flash
Préc Suiv

Etre ou avoir, faut-il vraiment choisir ?

Lorsqu’il nous arrive, à nous autres citadins, de nous égarer dans la campagne profonde, celle que nous aimons appeler la brousse, le grand air prétendument pur nous invite à devenir de sympathiques philosophes du dimanche. Ce n’est pas tant la nature belle, sauvage, et cætera, et cætera, qui nous inspire que les gens du cru : nous les espérons pas encore contaminés par les falbalas du monde moderne, notre environnement habituel. Dans notre imaginaire subsiste un Malgache épargné par l’acculturation, auprès duquel il est peut-être possible de se ressourcer.

Ces derniers temps, ce Vendredi de la Grande Île a déserté nos belles histoires, chassé de l’imaginaire du citadin par une horde de dahalo armés jusqu’aux dents. A la lecture des informations qui parviennent  dans nos villes, il ne fait plus aussi bon vivre dans nos steppes et nos savanes. Pourtant, la question à l’ordre du jour de notre excursion – ou de l’aventure, c’est selon l’atmosphère – ressemble à s’y méprendre à celle que posaient les explorateurs d’autrefois quand ils découvraient des terres lointaines. Les indigènes du temps présent, à l’abri du consumérisme qui tente une percée dans le pays, peuvent-ils vivre heureux avec si peu ? Le citadin philosophe, en guerre contre la consommation à outrance et à la recherche d’une identité malgache perdue, voudrait répondre par l’affirmative. Ce serait tellement simple.

Empruntons à l’Occident une énième idée et organisons pour les jeunes des séjours au pays de l’authenticité, à ne pas confondre avec les camps de scouts bien entendu. On les appellerait

« A la recherche du temps perdu », nos jeunes en reviendraient transformés et notre acculturation nous paraîtrait moins inconfortable. Ils se garderaient bien de nous dire que les indigènes du temps présent se sont gentiment moqués de leurs préjugés et que les falbalas du monde moderne ont du succès jusque sur les plus petits marchés de brousse. Tout cela est bel et bon. Nous pourrons continuer à penser qu’en brousse l’être l’emporte sur l’avoir. Attention, le dimanche seulement. Le lundi matin, on saura se souvenir qu’avoir, ce n’est pas si mal.

Kemba Ranavela

 

Les commentaires sont fermées.