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Chronique : on n’est jamais si bien trahi que par les siens

On croyait avoir appris le pire concernant les examens nationaux avec la benjamine des candidats au CEPE, âgée de sept ans. Cet examen est pourtant conçu pour des élèves de onze ans, riches de cinq années scolaires passées dans un établissement du premier degré. Il est très difficile de croire que les adultes (parents, enseignants, responsables des examens) étaient animés des meilleures intentions du monde lorsqu’ils ont décidé que cette petite fille devait se préparer à entrer au collège, quand elle est encore à l’âge de jouer aux « tantaravato ».

Bis repetita à quelques jours des épreuves du baccalauréat : on apprend dans la presse que  la benjamine des candidats a tout simplement six ans d’avance sur l’âge des bacheliers ordinaires.  D’après la terminologie courante, elle entre à peine dans l’adolescence. Par le grand bond en avant que lui offrent ses parents, avec la complicité officielle de l’office du baccalauréat, cette candidate est sommée de remplacer ses rêves de préadolescente par des projets d’avenir rationnels.

Si elle est reçue, doit-on vraiment le lui souhaiter ?, la malheureuse ne pourra même pas se faire offrir le permis de conduire comme cadeau  d’entrée dans la vie d’adulte.  Quand ses condisciples organiseront une fête pour célébrer leur nouveau statut, elle n’aura sans doute pas la permission de 19 heures. Enfin, aura-t-elle l’autorisation de s’inscrire aux concours d’entrée à l’université ?

Ces jeunes candidats font rarement partie d’un contingent d’élèves si doués pour les études qu’ils en perdraient leur temps avec ceux de leur âge. Ce sont le plus souvent des enfants comme les autres, formatés par des parents obnubilés par la réussite scolaire. Le succès à l’examen montrera à la famille combien est exceptionnelle l’éducation que ces parents extraordinaires donnent à leurs enfants formidables. C’est bien cela le pire.

Kemba Ranavela

 

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