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Pérégrinations hebdomadaires : les jeux ne sont pas faits alors que rien ne va plus

L’appareil d’Etat crachote, la mécanique manifeste des signes d’un méchant dysfonctionnement : des ratages trahissent un début de panne dans plusieurs compartiments de la machine, s’en échappe de la fumée noire. Tout pour alarmer ceux qui sont aux commandes, et pourtant ils semblent résolus à ne pas s’inquiéter pour si peu. Ignorant les menaces pendues à leur nez, ils gardent les yeux rivés sur l’horizon des élections 2018, et poursuivent la route en commettant les mêmes errements comme s’ils étaient assurés d’atteindre le terme sans incident grave ni accident fatal et pouvoir ainsi se présenter indemnes au départ suivant.

Les feux rampent en cercle, le sol menace de se dérober

Une sorte d’inconscience de la gravité des menaces constitue à l’évidence la seule explication à l’insouciance au sommet du pouvoir, où l’on pense encore avoir la capacité d’exorciser le danger par le discours et en gonflant les muscles. Alors que le climat s’alourdit à grande vitesse, pour tenter de détendre l’atmosphère ne recourt qu’à se dépenser et dépenser en communication afin de justifier son comportement répressif comme des mesures de protection contre les conséquences néfastes  des initiatives adverses et populaires, agitant la menace d’une crise que provoqueraient les envahissements des rues par des foules. Peut-être que vivre vautrés dans le confort et tout s’autoriser sans souci de la loi ni de la morale finissent par rendre aveugle. Agiter la crise comme une menace témoigne d’une irresponsable déconnection d’avec la réalité, la société entière baigne dans une grave crise : crise économique, crise sociale, crise de confiance, ne reste plus qu’au pouvoir de faire à son tour preuve d’une crise de conscience.

La crise ne constitue plus une menace pour qui y baigne, elle ne menace que l’Etat dont le squelette chancelant ne tient qu’aux soutiens des forces armées, dénaturant ainsi l’autorité que lui a octroyée le peuple. De toutes parts apparaissent des manifestations d’humeur à l’affût d’un diapason capable de s’élever pour donner la note juste apte à cristalliser les mécontentements et transformer l’ensemble en un mouvement unique. Nouveauté dans le paysage remuant, les revendications pour jouir d’une autonomie effective émanant d’organes prétendus indépendants de par leur statut même, pour les nommer le Bianco, fer de lance pour mener la lutte contre la corruption, la Ceni pivot central des préparatifs en garantie d’élections sincères. Le bateau prend de la gite selon certaines appréciations, alors que le grand public lui croit assister impuissant à un début d’incendie, des flammes ont commencé à lècher les rideaux derrière lesquels se perpétuent les mêmes scènes d’insolence de par une insouciance impudente face à une grande détresse sociale. Le dénouement se fait attendre, la population elle-même hésite à se faire foule, avertie des risques de l’aventure pour l’avoir expérimentée à plus d’un tour. Le temps des hésitations a comme toute chose nécessairement ses limites, nul besoin d’avoir des dons de divination pour situer ce moment à l’instant où une bonne majorité pensera que ce que réservent de pire les lendemains de l’aventure ne saurait rivaliser avec le niveau du pire franchi actuellement.

Persistance de la rumeur à propos d’une solderie des terres

Le mécontentement ne se manifeste pas que dans les seuls centres urbains, brousse et campagnes entretiennent aussi des foyers

où brûlent des braises incandescentes menaçant d’embraser des régions entières comme a risqué

de le produire le conflit Soamahamanina. On sait l’attachement à la terre que cultivent les ruraux, le syndrome Daewoo continue

à traumatiser l’opinion, quand en plusieurs lieux le gouvernement cède des terrains à des étrangers, Chinois dans la majorité des cas. Les prix exagérément bas ne sont que les résultats de campagne de désinformation selon les responsables, ce qui est peut-être vrai mais en réponse on entend dire que la nature a horreur du vide et que si la désinformation trouve place c’est par faute de transparence, une opacité cache ce que chacun veut soupçonner. Et ce n’est pas la mauvaise astuce « pseudo-juridique » par une nouvelle qualification du bail qui donnerait le change à la rumeur d’une braderie à grande échelle.

Le bail emphytéotique a acquis de nouvelles belles dimensions, 20 ou 50 ou 99 ans passent à devenir des déclinaisons de durée ringardes, quand s’agissant de milliers d’hectares les gardiens du domaine de l’Etat ont fait comme trouvaille diabolique la cession de terrains par contrat de « location à durée indéterminée » On présente la formule sous l’angle avantageux d’une possibilité d’interruption à brève échéance tout en prenant soin d’omettre l’hypothèse d’une prolongation ad libitum par mauvaise volonté du bénéficiaire. Ça promet aussi des secousses.

Léo Raz

 

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