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Pérégrinations hebdomadaires : bas les masques aux bals de la mascarade

La célébration de la Fête de l’Indépendance a sonné le glas de l’époque de l’hypocrisie, comme si elle avait décrété l’ouverture d’une autre saison, pas plus gaie certes, sans promesse ni d’une ambiance plus agréable, ni d’un climat socio-économique plus favorable. La perspective des élections assombrit prématurément l’horizon, on pénètre dans un hiver qui s’annonce brûlant. Tombant les masques pour manifester leur détermination à participer aux agapes les festoyeurs de la «société politique» plongent dans le chaudron de la mascarade. A visage découvert, torse nue, fesses à l’air, dans un premier temps chacun s’essaye à impressionner public et adversaires en exposant ses muscles, exprimant ainsi une ferme volonté à jouer des coudes et des biscotos, sans souci des règles, disposé à faire usage de violence dans un combat que seule la force arbitre. Le premier round commence.

Qui a peur perd

Entre le casse-tête de recherche de solution aux problèmes épineux relatifs à des conflits sociaux qui, tant ils présentent une grande âpreté des deux côtés, tournent fatalement à prendre une coloration politique, le pouvoir doit se mesurer sur deux fronts à des mouvements pour lesquels il cultive un sentiment d’antipathie. Pensez donc, des regroupements de foule ! Quelle horreur pour un pouvoir qui veut croire et convaincre de sa jouissance d’une grande impopularité et qui à l’inverse se sait impopulaire. Ceux qui gouvernent accusent ces initiatives d’actes de provocation, compliment que leur retournent et les organisateurs de la marche silencieuse des pros du monde médiatique et ceux de la célébration du 15ième anniversaire du TIM. Ceux-ci ont jeu facile à gagner la sympathie de l’opinion, en démontrant que la provocation se trouve avant tout dans l’outrage fait au peuple par un système de gouvernance tendant à priver de liberté d’expression peuple et individus et inclinant à embrigader la communication.

Au-delà d’une absence de lien, les initiateurs de ces manifestations, l’une silencieuse, l’autre « pacifique », se trouvent être des alliés objectifs ; malgré leur volonté déclarée à éviter de verser dans le jeu politicien, ils pénètrent de plein pieds par ces actions dans l’enfer politique. L’impossibilité de tenir la réalisation de leur projet les place dans le camp des perdants, surtout le TIM et Ravalomanana qui ont dépêché de tous les districts sur le territoire nombreux militants déjà arrivés à bon port dans la capitale. Quoique réfugiés derrière les forces militarisées, de leur côté les gouvernants eux non plus ne mènent pas large. Une fébrilité transpire au travers d’une part d’un pas en avant pour deux en arrière, valse hésitante du Préfet de police, d’autre part d’une opération de nuit pour démonter au stade de Mahamasina les préparatifs du TIM.

 Les uns ont perdu, les autres ont peur, match de nullité dans un environnement délétère où même l’air qu’on inhale est vicié que l’on hésite à parler de virginité même s’agissant du score. Pour établir un score ce ne sont pas pourtant les mauvais points qui font défaut.

Nullité en correspondance d’un amateurisme à tous les postes

Dur dur de mobiliser un partage de satisfaction pour des bilans quand les résultats ne viennent pas confirmer les discours. C’est pourtant l’exercice auquel l’on soumet la communication du Palais par une publication médiatique d’encarts style publicité. Quand les arguments font défaut, on verse dans la polémique, un comble en matière de publicité. Pour justifier la politique étrangère tournée vers la Chine, des diatribes à l’encontre les médias étrangers qui entretiennent une appréhension utile concernant les relations avec la Chine. Cette stratégie fait l’impasse sur le fait que dans le public ici dans le pays les Chinois ne jouissent pas davantage d’une bonne presse, et ce ne sont pas les chantiers d’extraction musclée qui saignent des richesses du sous-sol le pays qui pourraient inverser le sentiment populaire. Fausse alerte ! Le communiqué tempère en dévoilant le mécanisme d’utiliser en chiffon rouge que l’on agite ce fait de faire ami-ami avec la Chine : à ce qu’il semble cela a produit l’effet escompté d’inciter les bailleurs traditionnels (sous la bannière du FMI) à se précipiter pour délier les cordons de la bourse. Jeu pervers qui risque surtout d’être fatal au petit qui essaye de faire se battre les grands.

Le Président a eu cette semaine la satisfaction du sentiment d’avoir par son discours produit grande impression dans les hauteurs du «bal des vautours», Sommet de l’Union Africaine. Il a prêché grande conviction pour défendre la politique d’investir dans la Jeunesse. Heureusement que les démunis aux fins fonds de brousse n’entendent pas ces propos, dans les salles de classes au plancher délabré sur lequel pourtant faute de tables et de bancs s’assoient tant bien que mal les élèves, comme un seul homme ils se lèveraient pour témoigner du contraire. Gouverner c’est préparer l’avenir, mais on ne saurait manifester cette prétention qu’en sachant se soucier du présent et en réussissant à faire de l’enseignement de base un ascenseur social pour tous.

Léo Raz

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