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TRANSPORT DE ZEBU A TSIROANOMANDIDY : Les rackets des gendarmes révélés au grand jour

TRANSPORT DE ZEBU A TSIROANOMANDIDY : Les rackets des gendarmes révélés au grand jour

Les dérives n’en finissent plus. Tous les jours, les journaux ne cessent de rapporter les bavures des forces de l’ordre, notamment les éléments de la gendarmerie. La semaine dernière, un soi-disant déséquilibré mental a été abattu par un gendarme à Mampikony suite à une altercation dans un bar. Pas plus tard qu’hier, la pratique de corruption des gendarmes sur les routes nationales, notamment dans le moyen-ouest, a été révélée au grand jour.

Ce sont les membres de la coopérative « Madaomby », regroupant pour la plupart les éleveurs, transporteurs et grossistes de zébus dans la ville de Tsiroanomandidy et dans le Melaky, qui ont révélé les magouilles qui impliqueraient des éléments des forces de l’ordre dans cette affaire. Lors d’une conférence de presse donnée hier dans la capitale, ils ont brisé le silence et dévoilé les affaires de corruption dans lesquelles des gendarmes seraient impliqués. Pour eux, la coupe est pleine. Les transporteurs ne peuvent plus se soumettre plus longtemps aux acharnements et aux rackets des éléments des forces de l’ordre sur cet axe.  La goutte d’eau qui a fait déborder le vase a été la disparition de 200 têtes de bovidés à Horimbato, district de Morafenobe, la semaine dernière. Jeudi dernier vers 17h30, des éléments de la gendarmerie ont effectué un contrôle d’usage des camions transportant des zébus en provenance du Melaky. Les forces de l’ordre auraient exigé une somme de 2 000 ariary par zébu sous peine d’une mise en fourrière de tout le troupeau. Il s’agit, selon les informations reçues d’une pratique d’usage dans le secteur. Mais la coopérative qui voulait enfin se conformer à la loi en vigueur aurait refusé de payer quoi que ce soit. Conformément aux instructions données par la coopérative, les chauffeurs ont refusé de débourser le moindre sou pour faire passer les zébus. Finalement, ils ont pu franchir le barrage de contrôle, mais leur passage ne se fera pas sans problème.

Menaces

Une heure plus tard, les camions ont été pris d’assaut par un groupe d’individus armés, probablement des dahalo. Ces derniers ont tout pris. Les 200 zébus ont été emportés. A en croire le président de son conseil d’administration, Tahiry Sambehafa, la coopérative soupçonne une éventuelle connivence entre les forces de l’ordre et les assaillants dans la disparition des bovidés. Ce responsable de la coopérative confirme d’ailleurs que les gendarmes ont proféré des menaces à l’endroit des transporteurs lorsque ces derniers ont tenté de franchir les barrages sans se soumettre aux exigences des forces de l’ordre. Pour la coopérative Madaomby, ce sont les gendarmes en service ce jour-là qui auraient alerté les dahalo. La découverte d’une carte SIM, tombée par terre sur les lieux de l’assaut, que les dahalo auraient utilisée pour se communiquer et l’utilisation de Kalachnikovs lors de cette attaque confirmeraient en effet l’implication des gendarmes dans cette attaque. Le responsable de la coopérative se demande justement d’où venaient les armes que les assaillants avaient utilisées. « Nous travaillons avec des militaires pour escorter les bovidés, et ce jour-là, ils ont confirmé, après avoir analysé les douilles, que les armes utilisées étaient bel et bien celles des forces de l’ordre », ajoute ce responsable de la coopérative. Selon les informations communiquées par la coopérative, les camions devraient passer plus d’une soixantaine de contrôles entre Melaky et Tsiraoanomandidy. A chaque point de contrôle, l’on exigerait des sommes allant de 1 000 à 2 000 ariary par zébu. Ce qui élèverait à 40 millions d’ariary par mois la somme que la coopérative doit débourser pour le passage des bovidés. Pourtant, la loi en vigueur n’exige le moindre ariary. «Normalement, les gendarmes ne devraient pas nous réclamer le moindre sou, regrette notre interlocuteur. Les membres de cette coopérative sont en effet conscients qu’ils n’ont pas besoin de graisser la patte des gendarmes puisque leurs papiers sont en règle et qu’ils ne font pas de sales affaires» a-t-il martelé. Voilà pourquoi, la coopérative a cessé de se soumettre aux caprices des contrôleurs routiers.

Une menace pour la filière…

Les acteurs de la filière (les éleveurs, les vendeurs, les collecteurs ainsi que les patrons des abattoirs) regroupés au sein de la coopérative ont ainsi exprimé leur ras-le-bol et ont appelé à la prise de responsabilité des autorités face aux agissements de certains éléments de la gendarmerie effectuant le contrôle tout au long de leur itinéraire, c’est-à-dire de Melaky à Tsiroanomandidy. Ainsi, ils lancent un appel de détresse aux responsables de la gendarmerie pour que des mesures soient prises à l’encontre de certains éléments «hors-la-loi», des brebis galeuses. L’existence d’une éventuelle extorsion de fonds par des éléments des forces de l’ordre menace la filière car cette pratique démotive largement les acteurs, notamment les éleveurs et les opérateurs, souligne la coopérative.

Les mesures draconiennes tardent à venir

Les responsables qui se sont succédé à la tête de la gendarmerie ont tous promis l’assainissement au sein de cette grande famille. L’ancien secrétaire d’Etat chargé de la gendarmerie a par exemple exigé que «le corps ne soit pas un refuge pour les criminels et les hors-la-loi ». Ce, en réaction face à la bavure d’un des éléments des bérets noirs, à la sortie d’Antsirabe, blessant à mort un civil en septembre 2016. Mais ces déclarations n’ont jamais été traduites en acte. Le nouveau Seg, le Général de division Girard Randriamahavalisoa Razafindramaitso, a réitéré sa volonté de tout faire pour redorer le blason du corps le 24 avril dernier lors de la passation de service entre lui et son prédécesseur. Pourtant, les mesures tardent à venir. Beaucoup d’affaires sont à éclaircir. A part l’affaire Mampikony et ce scandale de Fenoarivobe, l’irresponsabilité des gendarmes concernant la fuite du sénateur de Madagascar Riana Andriamandavy VII est également évoquée par certains observateurs. Visiblement, certains d’entre eux se croient au-dessus de la loi parce qu’ils bénéficient probablement d’une protection de leurs supérieurs.

 La Rédaction

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